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Pakistan: l'ex-président, Musharraf, inculpé pour haute trahison

Pervez Musharraf en 2010.

Pervez Musharraf en 2010. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Cette inculpation de l'ancien président Musharraf est une première historique au Pakistan.

Son crime est passible de la peine capitale. L'ancien président pakistanais Pervez Musharraf a été inculpé lundi par un tribunal spécial pour "haute trahison".

A 70 ans, l'ex-président était escorté par un convoi d'une dizaine de véhicules et de policiers armés pour cette audience reportée à de nombreuses reprises pour des raisons de sécurité et de santé, l'ancien homme fort du Pakistan étant hospitalisé depuis janvier pour des problèmes cardiaques.

Le Premier ministre Nawaz Sharif, grand rival de Pervez Musharraf, au pouvoir de 1999 à 2008, avait mis sur pied en novembre dernier ce tribunal spécial afin de juger l'ex-président pour "haute trahison", un crime passible de la peine de mort au Pakistan. La juge Tahira Safdar a lu l'acte d'inculpation de "haute trahison" à Pervez Musharraf, une première dans l'histoire du Pakistan, géant musulman gouverné par les militaires pendant trois décennies depuis son indépendance en 1947.

Elle a formellement accusé le "général Musharraf" de trahison pour avoir imposé l'état d'urgence, suspendu la Constitution et limogé des juges en 2007 alors qu'il était au pouvoir.

"Je ne suis pas un traître"

Le principal intéressé s'est aussitôt levé pour plaider "non coupable". "On dit que je suis un traître, alors que j'ai été chef de l'armée pendant neuf années, que j'ai servi au sein de l'armée pendant 45 ans et que j'ai combattu dans deux guerres. Est-ce cela de la trahison?", a-t-il lancé.

"Je ne suis pas un traître. Pour moi, un traître est une personne qui vole l'argent public et vide les coffres de l'État", a ajouté Pervez Musharraf dans un discours passionné au cours duquel il a vanté le bilan de ses années au pouvoir, marquées, selon lui, par un redressement de l'économie, et peu d'attentats.

L'inculpation de Pervez Musharraf témoigne d'un certain rééquilibrage dans les relations, traditionnellement houleuses, entre civils et militaires au Pakistan, estimaient des analystes. Les avocats de Pervez Musharraf ont demandé lundi à la justice d'autoriser leur client à voyager à l'étranger pour se rendre au chevet de sa mère "sérieusement malade", assurant qu'il reviendra au pays pour la suite du procès.

A. D. avec AFP