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Népal: le trafic d'enfants en recrudescence après le séisme

Ils seraient chaque année environ 11.000 à franchir illégalement la frontière entre l’Inde et le Népal.

Ils seraient chaque année environ 11.000 à franchir illégalement la frontière entre l’Inde et le Népal. - Ishara S.Kodikara - AFP

Autorités et associations humanitaires sont en alerte devant le risque accru de trafic d'enfants après le tremblement de terre meurtrier qui a ravagé le Népal fin avril.

Depuis le séisme qui a ébranlé le Népal le 25 avril et tué plus de 8.700 personnes, de nombreux enfants se sont retrouvés orphelins. Sans-abri, Ils vivent pour la plupart dans des camps de fortune surpeuplés. Au-delà de leurs conditions de vie plus que précaires, c'est avant tout le danger de tomber dans les mains de trafiquants d'êtres humains qui inquiète le plus les autorités et les associations d'aide pour enfants.

De faux orphelinats

"Depuis le tremblement, 245 enfants ont été découverts. Environ 200 autres auraient été recueillis à la frontière", assure Ramsey Ben Achour, spécialiste de la protection de l'enfance pour l’Unicef, interrogé par Metronews.

Un plan a ainsi été mis en oeuvre par l'organisation: "Nous avons lancé un programme avec 116 travailleurs sociaux, répartis dans différentes régions à la recherche de deux catégories d’enfants: ceux qui sont seuls et ceux qui, au sein d’une famille vulnérable, sont susceptibles d’être confiés à un orphelinat", explique-t-il.

Car l'orphelinat au Népal peut s'avérer être un piège pour les enfants. "Ils vont chercher les enfants dans les villages en expliquant aux familles qu’ils vont les soigner, les nourrir et les éduquer. En réalité, ils sont exploités". C'est le cas de 15.000 enfants népalais selon l'Unicef.

Les adoptions suspendues 

Un mois après le tremblement de terre, le gouvernement avait dévoilé un plan visant à la protection des enfants. Les adoptions ont ainsi été suspendues pour une durée de trois mois, et les autorités avaient annoncé que les enfants devront désormais être accompagnés par leurs parents ou leur tuteur légal lorsqu'ils se déplaceront dans le pays. Une lettre de permission de la Commission centrale du bien-être de l'enfant est désormais également obligatoire pour les enfants qui voyageraient seuls.

Ces restrictions étaient survenues quelques jours après que la police a retrouvé dans des bus de différentes régions népalaises, deux groupes d'enfants accompagnés d'adultes sans aucun lien de parenté avec eux.

Des check-points aux frontières

Autre chiffre inquiétant: 11.000 enfants franchissent chaque année illégalement la frontière entre l'Inde et le Népal, selon l'Unicef. "Les filles se retrouvent exploitées sexuellement, les garçons pour travailler dans des usines", détaille Ramsey Ben Achour.

Afin de limiter cette migration illégale, la police a décidé de renforcer les contrôles aux frontières. L'inde, aussi, a installé des check-points permettant de vérifier l’identité de chaque enfant qui quitterait le pays. Bien qu'il reste difficile de réguler une frontière qui avoisine les 3.000 km de long, rappelle l'humanitaire. 

Le phénomène n'est cependant pas l'apanage du Népal. A Haïti, après la catastrophe, au moins 2.000 enfants avaient été victimes de trafic vers la République dominicaine en 2009.

M.G.