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Situation d'urgence à Fukushima

Des personnes visitent le réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima.

Des personnes visitent le réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima. - -

L'autorité de régulation nucléaire japonaise a déclaré la situation à la centrale de Fukushima "urgente" alors que de l'eau radioactive continue de s'écouler dans l'océan Pacifique.

La situation semble hors de contrôle. Plus de deux ans après le séisme et le tsunami qui ont endommagé la centrale nucléaire de Fukushima, les autorités japonaises ont avoué ce mardi leur impuissance face aux fuites radioactives constatées dans l’océan Pacifique.

Selon Shinjo Kinjo, un responsable de l’autorité nucléaire japonaise (NRA), de l’eau contaminée est en train de remonter vers la surface, dépassant ainsi les limites légales d’écoulements radioactifs autorisés.

La BBC rapporte que Shinjo Kinjo a qualifié la situation d’ "urgente" et assuré qu’elle ne pouvait pas être gérée seule par Tokyo Electric Power (Tepco), l’opérateur qui exploite la centrale.

Tepco, dont les mesures prises sont qualifiées de solutions "temporaires", ne réalise pas que l’heure est "grave", a ajouté le responsable de la NRA. L’opérateur a été critiqué à de nombreuses reprises pour sa gestion inadaptée de la crise et sa communication hasardeuse.

Des conséquences impossibles à évaluer

Ce n’est que dimanche dernier que la compagnie japonaise a communiqué publiquement la première estimation de ces fuites radioactives. De mai 2011, soit deux mois après la catastrophe, à juillet 2013, entre 20 000 et 40 000 milliards de becquerels se sont échappés dans les eaux du Pacifique. Tepco avait avoué fin juillet que l’eau souterraine, pleine de tritium, de strontium, de césium et d’autres éléments nocifs ne stagnait pas sous terre, mais allait jusqu’à l’océan.

Les spécialistes sont pour l’instant incapables d’évaluer les conséquences de cet accident. "Jusqu’à ce que nous connaissions la densité exacte du volume d’eau qui s’échappe, je ne peux honnêtement spéculer sur les conséquences pour la mer", a affirmé Mitsuo Uematsu, un universitaire tokyoïte.

Dans les premières semaines qui ont suivi la catastrophe, le gouvernement japonais avait autorisé Tepco à déverser en urgence des miliers de tonnes d’eau contaminée dans le Pacifique. Mais cette décision avait été critiquée par les pêcheurs locaux et les pays voisins. Depuis, l’opérateur avait promis qu’il ne verserait pas d’eau irradiée sans le consentement des localités voisines.

dossier :

Fukushima

M.K. avec AFP