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Japon: le nombre de suicides au plus bas depuis 41 ans

Deux ambulances attendent à l'entrée de l'hôpital universitaire  de Kitazato, le 26 juillet 2016 (photo d'illustration)

Deux ambulances attendent à l'entrée de l'hôpital universitaire de Kitazato, le 26 juillet 2016 (photo d'illustration) - Toshifumi Kitamura / AFP

Selon un spécialiste, cette réduction du nombre de suicides s'explique par des "efforts collectifs" et par diverses initiatives d'information et de prévention. Le suicide est un "fléau social" pour le Japon, qui a l'un des taux les plus élevés des pays développés.

Le nombre de suicides au Japon en 2019 se situe au plus bas en quatre décennies de statistiques sur le sujet, selon des données préliminaires diffusées ce vendredi par le ministère japonais de la Santé. D'après ces chiffres, qui doivent encore être confirmés, 19.959 personnes se sont donné la mort l'an passé dans le pays (des hommes dans 70% des cas), en repli de 4,2% sur un an.

Même si les chiffres définitifs attendus en mars pourraient être révisés en légère hausse, le total devrait correspondre à un étiage depuis 1978, année du début de la collecte nationale de ces données. Le record annuel des suicides a été enregistré en 2003, à 34.427. Leur nombre est resté au-dessus de 30.000 par an entre 2004 et 2011, avant de régresser continuellement depuis.

L'un des taux les plus élevés des pays développés

Cette évolution favorable s'explique par "d'importants efforts collectifs pour prévenir ce qui a longtemps été un fléau social" dans l'archipel, estime Yasuyuki Shimizu, responsable de l'ONG de prévention du suicide Lifelink. Diverses initiatives ont notamment encouragé les campagnes d'information à l'intention des personnes suicidaires et de leur entourage, (familles, employeurs, collègues, camarades, enseignants).

Le taux de suicides au Japon demeure néanmoins l'un des plus élevés parmi les pays développés. Parmi les causes multiples du phénomène figurent les difficultés financières ou familiales, la dépression et le surmenage au travail. Le ministre de la Santé Katsunobu Kato s'est ainsi gardé de tout triomphalisme vendredi devant la presse.

Le Japon "doit affronter le fait que 20.000 personnes s'ôtent encore leur vie précieuse" chaque année, a-t-il souligné, ajoutant vouloir "poursuivre les efforts" de prévention, notamment par le biais des réseaux sociaux.
J. G. avec AFP