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Fukushima: les forçats du nucléaire nettoient toujours la centrale

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Au Japon, deux ans après, des ouvriers continuent à s’activer sur le site de la catastrophe nucléaire. Leurs conditions de travail sont dangereuses et difficiles.

On les appelle parfois les liquidateurs, ce sont les ouvriers de la centrale de Fukushima au Japon. Deux ans après la catastrophe nucléaire, ils sont toujours aussi nombreux à travailler sur le site, dans des conditions éprouvantes.

Dans leur combinaison blanche, masque sur le visage, ils sont 3.600 à s'activer jour et nuit pour stabiliser la centrale accidentée. Des travailleurs précaires, souvent des chômeurs sans qualifications. Aujourd'hui, ils dénoncent les méthodes de Tepco et de ses sous-traitants.

"Très mal payés"

Tetsuya Hayashi a fait partie de cette armée de forçats du nucléaire. "Ils n'arrêtent pas de vous dire: c'est bon, tout va bien. Plutôt que de parler du danger, ils tentent de vous persuader que c'est sans risques", explique l’ancien ouvrier de la centrale.

De son côté, un élu d'Iwaki, une localité située non loin de la centrale, défend ces ouvriers de l’extrême. Pour HiroYuki Watanabe, ils sont stressés par leur travail, exposés à de fortes radiations, mais aussi très mal payés.

"Comptent tenu des risques qu'ils prennent, leurs salaires sont vraiment très faibles. Ils sont même parfois inférieurs à ceux des ouvriers chargés de la décontamination hors de leur centrale", détaille HiroYuki Watanabe.

Des sous-traitants peu scrupuleux

Au siège de Tepco, on dit ne pas être au courant de ces dérives. Ce qui se passe sur la centrale est de la responsabilité des sous-traitants, un point c'est tout.

Malgré des conditions de travail extrêmes et des sous-traitants peu scrupuleux, Tepco pourra toujours compter sur une main d'œuvre abondante. Des ouvriers venus de tout le Japon savent que la centrale nucléaire leur donnera du travail pour très longtemps.

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De notre correspondant au Japon et Vincent Touraine