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Une Indienne rappe pour dénoncer la pollution d'Unilver

La vidéo de Sofia Ashraf a déjà été vue plus de deux millions de fois.

La vidéo de Sofia Ashraf a déjà été vue plus de deux millions de fois. - Capture Youtube

Sofia Ashraf, militante et rappeuse, a détourné la chanson Anaconda de Nicki Minaj pour dénoncer la pollution au mercure d'une ville du sud de l'Inde par la multinationale Unilever.

"Kodaikanal continuera de se battre jusqu'à ce que vous fassiez amende honorable". A chaque refrain, Sofia Ashraf martelle le même message. Cette activiste et rappeuse a repris la chanson de NIcki Minaj, Anaconda, pour le détourner afin de faire passer un message: elle veut dénoncer la pollution au mercure d'une ville et de ses habitants qu'elle attribue à l'entreprise anglo-néerlandaise Unilever.

La vidéo, mise en ligne sur Youtube le 30 juillet dernier, a déjà été vue plus de deux millions de fois. De plus, une pétition, lancée par l'association Jhatkaa, a déjà recueilli plus de 60.000 signatures. "Unilever a une image propre sur les réseaux sociaux, nous avons décidé d'agir là où ça fait mal", explique l'artiste au Guardian. "Je considère que quand on utilise un air populaire les gens font plus attention au message que l'on veut faire passer", poursuit-elle.

45 ouvriers décédés

Dans son clip, la jeune femme raconte comment la multinationale a ravagé Kodaikanal, petite ville au sud de l'Inde. "Unilever est venu et a dévasté" l'endroit et "exposé la ville à une contamination" en jetant des déchets toxiques, attaque Sofia Ashraf. En cause: l'installation d'une usine de thermomètres et l'absence d'informations délivrés aux ouvriers, exposés au mercure, sur les risques encourus. Ce serait désormais toute la ville et l'ensemble de ses habitants qui vivraient sous la menace.

L'usine de l'entreprise qui détient les marques Axe, Dove, Maille ou encore Lipton, a fermé il y a 14 ans. Mais depuis les années 2000, 45 anciens employés sont décédés dans des conditions étranges, explique RFI. Par ailleurs, un récent rapport du ministère de l'Emploi a indiqué que la moitié des 106 anciens ouvriers souffraient d'empoisonnement au mercure. 

"Déterminés à résoudre le problème"

Attaquée, Unilever avait reconnu en 2005 avoir vendu à des recycleurs 5,3 tonnes de verre contaminé mercure provenant de l'usine de Kodaikanal. Mais l'entreprise réfute les accusations des militants concernant la mise en danger des ouvriers et met en avant les travaux de nettoyage réalisé à la fermeture du site.

Sur Twitter, alors que le hashtag #UniversPollutes commençait à se répandre, Paul Polman, le PDG de la multinationale s'est fendu d'un tweet expliquant qu'Unilever "était en train de travailler activement pour trouver une solution à Kodai." "Nous sommes déterminé à le résoudre. Nous avons besoin des autres et de faits, pas de fausses émotions", a-t-il plaidé.

J.C.