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Les hôpitaux indiens débordés par l'épidémie de dengue

Face à l'épidémie de dengue, certains patients doivent partager le même lit, comme dans cet hôpital public à New Delhi, le 15 septembre dernier.

Face à l'épidémie de dengue, certains patients doivent partager le même lit, comme dans cet hôpital public à New Delhi, le 15 septembre dernier. - AFP - Chandan Khanna

Malades contraints de dormir devant l'entrée des urgences, refusés par plusieurs hôpitaux ou obligés de partager un lit à deux: les autorités de la capitale indienne New Delhi sont débordées face à la plus forte épidémie de dengue depuis cinq ans.

Le début de la mousson en Inde, synonyme de retour du virus de la dengue, suscite l'inquiétude chaque année. Mais la saison 2015 semble particulièrement virulente, à tel point que les hôpitaux de la capitale, New Delhi, sont incapables d'accueillir le flot de malades qui se pressent devant leurs portes.

Selon l'agence Press Trust of India, onze personnes sont déjà décédées de la dengue, virus transmis par le moustique et sans traitement ni vaccin connu, cette année. Et avec plus de 1.800 cas confirmés, le bilan est déjà supérieur au précédent record de 2010, alors que la saison humide n'est pas terminée.

Deux patients par lit

Ce mercredi, les hôpitaux de la capitale peinaient à accueillir tous les patients. Certains d'entre eux ont raconté avoir dû dormir devant l'entrée des urgences faute d'avoir été acceptés par les médecins. Selon un médecin, interrogé par l'AFP sous couvert d'anonymat, son équipe doit prendre en charge deux fois plus de patients que d'habitude. "Le nombre de cas de dengue se ressent sur le temps et l'attention que nous pouvons accorder aux autres cas sérieux que nous avons", ajoute-t-il.

A l'hôpital public Dr Ram Manohar Lohia, certains lits accueillaient deux patients, parfois sous perfusion. Venu d'Agra, à plus de 200 kilomètres de New Delhi, avec son beau-frère malade, Subodh Trivedi a été dans un premier temps refoulé, avant de trouver un brancard vide sur lequel il a placé son beau-frère et d'entrer dans l'hôpital pour exiger un traitement. "Etant donné son état critique, nous ne pouvions l'emmener ailleurs. Et aux urgences il n'y avait pas de lit ni même d'espace disponible par terre", s'indigne-t-il.

Les autorités critiquées

Pour autant, le ministre de la Santé de Delhi Satyendar Jain se refuse à céder à la panique. "Il y a plus de 1.800 cas de dengue mais on ne peut pas parler d'épidémie", a-t-il dit aux journalistes mercredi. "Oui certaines personnes sont paniquées et c'est au gouvernement d'agir. Nous allons ajouter 1.000 à 1.500 lits pour les patients". Lors d'une réunion de crise ce mardi, il a menacé de sanctions les hôpitaux qui refuseraient des patients, y compris l'annulation de la licence leur permettant d'opérer.

Les autorités se pressent d'agir après l'indignation suscitée par la mort de deux enfants de six et sept ans. Leurs parents respectifs avaient été renvoyés de plusieurs hôpitaux, faute de place. Après la mort de leur fils, les parents de l'un des garçons s'étaient suicidés en se jetant du toit de leur immeuble.

Les autorités de la capitale, accusées de ne pas avoir réagi rapidement à la flambée de la dengue, répondent que la situation est aggravée par les conditions climatiques humides qui se prolongent. Le virus touche deux millions de personnes chaque année, un nombre multiplié par 30 en 50 ans, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

H. M. avec AFP