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Inde : vague d'indignation populaire sept jours après un viol

Manifestantes à New Dehli, samedi 22 décembre

Manifestantes à New Dehli, samedi 22 décembre - -

La colère ne retombe pas en Inde, une semaine après le viol d'une étudiante. Samedi, des échauffourées ont opposé la police et des manifestants à New Dehli. Toujours hospitalisée, la victime a enfin parlé.

La colère populaire gronde en Inde, une semaine après le viol collectif d'une étudiante à New Dehli. Et elle ne risque pas de retomber : samedi, la police a interdit les manifestations dans le centre-ville de la capitale, après des échauffourées avec des manifestants anti-viol.

Des milliers de personnes, dont beaucoup d'étudiants, s'étaient massés devant le monument emblématique de la ville, la Porte de l'Inde, pour réclamer davantage de sécurité pour les femmes, et justice pour les victimes de viol. Pour les disperser, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène.

Raisons de la colère ? Un fait divers particulièrement sordide, qui a bouleversé tout le pays. La semaine dernière, une étudiante kinésithérapeute de 23 ans, qui rentrait du cinéma avec son compagnon, a été violée dans un autobus par six hommes, avant d'être battue à coups de barres de fer.

"Ils m'ont violée tour à tour"

Atteinte de blessures intestinales, elle était toujours en soins intensifs samedi. Mais elle a pu commencer à donner des détails sur son aggression aux enquêteurs.

"Les six hommes m'ont violée tour à tour, a-t-elle déclaré. Ils nous ont jeté du bus sur le bord de la route, et je me suis évanouie." Des déclarations qui correspondent aux renseignements déjà donnés par son compagnon.

Ses six assaillants présumés, qui étaient selon la police saouls au moment des faits, ont été arrêtés et placés en détention. Le soir du crime, ils avaient pris place dans un bus hors service et ont tendu un piège au couple, qui pensaient monter à bord d'un bus public.

Le nombre de viols a doublé en 20 ans

En Inde, les associations de défense des droits des femmes font valoir que le nombre de viols a plus que doublé entre 1990 et 2008, et les victimes de viols et d'agressions sexuelles peinent souvent à obtenir justice.

Accusé de laxisme, le gouvernement a réagi samedi par la voix de son ministre de l'Intérieur, en annonçant que la peine capitale pourrait être envisagée en cas de viols aggravés.

M. T. avec AFP