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Emeutes anti-chinois: Pékin dénonce la "connivence" du gouvernement vietnamien

Des manifestants anti-chinois à Ho Chi Minh-Ville, le 11 mai 2014.

Des manifestants anti-chinois à Ho Chi Minh-Ville, le 11 mai 2014. - -

Des émeutes anti-chinois secouent le Vietnam. On déplore déjà au moins un mort et des centaines de blessés. Des fonctionnaires chinois seraient en route pour recueillir des informations.

Pékin a accusé jeudi le gouvernement vietnamien de "connivence" avec des participants des émeutes anti-chinoises de ces derniers jours au Vietnam. Ces incidents ont coûté la vie à au moins un Chinois et fait une centaine de blessés.

Cette flambée de violences "est directement liée à l'indulgence du gouvernement vietnamien et à sa connivence avec une partie des forces anti-chinoises et des fauteurs de troubles", a déclaré Mme Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, lors d'un point-presse régulier. Ces émeutes, qui ont débuté mardi dans le sud du Vietnam, ont été déclenchées par le déploiement par Pékin d'une plateforme pétrolière dans des eaux disputées par Hanoï.

Visant des usines et des entreprises estampillées comme "chinoises", les violences se sont étendues à 22 des 63 provinces du Vietnam, ont annoncé les autorités vietnamiennes, confrontées à des émeutes sans précédent depuis des décennies.

Dix employés chinois introuvables

Selon l'agence officielle Chine nouvelle, au moins une dizaine d'employés chinois restaient introuvables jeudi, après des assauts d'émeutiers contre quatre entreprises chinoises de la province centrale de Ha Tinh, à quelque 500 kilomètres de Hanoï.

"Jusqu'à présent, nous avons perdu tout contact avec environ dix de nos employés, et 55 autres ont été blessés", a indiqué à l'agence un représentant de la firme la plus durement visée, China 19th Metallurgical Corporation. "Ils ont fait irruption dans nos bureaux, détruisant et pillant nos locaux, et ils ont incendié nos dortoirs avant de s'en aller", a raconté le dirigeant d'une autre entreprise, également cité par Chine nouvelle.

Mardi déjà, des usines situées dans des parcs industriels de la région de Ho Chi Minh-Ville, capitale économique du pays, avaient été pillées et incendiées. Une aciérie du groupe taïwanais Formosa a ensuite été prise pour cible dans la nuit de mercredi à jeudi. Mme Hua a refusé jeudi de se prononcer sur le nombre de Chinois tués durant ces émeutes, mais a souligné que des fonctionnaires chinois étaient en route vers les lieux concernés pour recueillir de plus amples informations.

A. D. avec AFP