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Licenciée parce qu'elle porte un tee-shirt féministe

(image d'illustration)

(image d'illustration) - Pixabay/CC/StratupStockPhotos

Un slogan féministe inscrit sur un tee-shirt créé une polémique assez grande pour que la jeune femme se fasse renvoyer de son entreprise coréenne.

"Les filles n'ont pas besoin de prince." Ce slogan féministe imprimé sur le tee-shirt d'une employée sud-coréenne d'une entreprise de jeux vidéo lui a coûté sa place.

L'histoire commence le 18 juillet dernier, lorsque Kim Ja-yeon - une actrice qui incarne la voix d'un personnage dans un jeu de rôle en ligne - poste sur son compte Twitter une photo d'elle avec le vêtement litigieux. Nexon, la société éditrice de jeux vidéo, reçoit alors de nombreuses plaintes de joueurs.

éAppel au meurtre d'hommes

Contactée par la BBC, l'entreprise a confirmé avoir mis un terme à son contrat et que la voix de l'actrice ne serait plus utilisée. "Nous avons entendu les protestations de la communauté des joueurs et avons décidé de la faire remplacer." 

Car le tee-shirt est vendu par Megalia, un groupe féministe qui a fait beaucoup parler de lui. Si Megalia a entre autres réussi à faire fermer un site qui diffusait des images sexuelles prises à l'insu des victimes, empêcher la vente de caméras cachées pour filmer sous les vêtements dans les lieux publics ou encore stoppé la vente d'acides pour défigurer les femmes, il tient aussi un discours ultra-radical et agressif. Le site a déjà appelé au meurtre d'hommes et encouragé à l'avortement, comme le détaille Le Monde.

Accusé de faire l'apologie de la haine

Sur son forum, les propos envers les hommes sont parfois très violents, comme le rapporte RFI. Certains accusent même le site de faire l'apologie de la haine. Mais ses membres, qui se présentent comme victimes de discriminations, disent ne faire que répondre à la violence par la violence.

Face à la polémique, la jeune femme a réagi dans le Korea Times et a refusé de présenter ses excuses: "Je n'ai rien à reprocher à Megalia et à son travail. J'apporte mon soutien à toutes les causes que je crois justes et je suis prête à en assumer les conséquences, même si l'on me désavoue."

La controverse a même pris un tour politique: un parti de gauche qui a estimé que ce licenciement était abusif a perdu certains de ses membres. Si la Corée du Sud est dirigée par une femme, le pays se traîne à la 115e place au classement des inégalités entre les sexes... sur 145 États.

C.H.A.