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La Corée du Nord, prête à déclarer la guerre pour un lâcher de ballons

Kim Jong-Un inspectant les troupes nord-coréennes, en mars 2015.

Kim Jong-Un inspectant les troupes nord-coréennes, en mars 2015. - KNS - KCNA - AFP

Un lâcher de ballons portant des copies de L'interview qui tue!, prévu cette semaine par des activistes sud-coréens, met la Corée du Nord sur les dents.

La Corée du Nord a prévenu dimanche qu'elle ouvrirait le feu sur les ballons transportant 10.000 DVD du film satirique L'interview qui tue!, que prévoient d'envoyer, par-dessus la frontière, des militants sud-coréens.

Ces derniers ont l'intention de faire passer la semaine prochaine en territoire nord-coréen 500.000 tracts hostiles au régime, ainsi que des copies de L'interview qui tue!, une comédie parodique racontant une tentative d'assassinat du leader nord-coréen Kim Jong-un par la CIA.

"Une déclaration de guerre de facto"

"Toute la puissance de feu des unités de (l'armée nord-coréenne) placées sur la ligne de front sera engagée sans semonce (...) pour détruire les ballons", a averti l'Armée populaire de Corée. Ces lâchers de ballons seront considérés comme une "provocation politique" et "une déclaration de guerre de facto", a-t-elle ajouté dans un message cité par l'agence de presse officielle KCNA.

L'armée sud-coréenne a indiqué de son côté qu'elle répliquerait à tout tir sur son territoire. Le projet des militants anti-Pyongyang doit marquer le cinquième anniversaire du naufrage d'un navire de guerre sud-coréen en 2010, dans lequel 46 marins avaient trouvé la mort. Séoul accuse le Nord de l'avoir coulé.

Techniquement en guerre

En octobre 2014, un lâcher de ballons transportant des tracts hostiles avait déclenché un échange de tirs nourris de mitrailleuse de part et d'autre de la frontière terrestre. En état de confrontation quasi-permanent, les deux Corées sont techniquement toujours en guerre, n'ayant pas signé de traité de paix après l'armistice.

En décembre 2014, le piratage massif des données de Sony et les menaces proférées par un mystérieux groupe de hackers avait conduit la multinationale japonais à ne pas sortir L'interview qui tue! en salles. Cette comédie satirique évoque un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-un. Les Etats-Unis soupçonnent la Corée du Nord d'être impliquée dans ce piratage.

M. R. avec AFP