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Corée du Nord: des exécutions publiques pour des délits mineurs

Une photo du leader nord-coréen Kim Jong-un diffusée par Pyongyang le 4 juillet 2017.

Une photo du leader nord-coréen Kim Jong-un diffusée par Pyongyang le 4 juillet 2017. - KCNA VIA KNS - AFP

Un rapport diffusé par une ONG basée en Corée du Sud dénonce des exécutions publiques sommaires, et de masse, commises par le régime de Pyongyang, généralement pour punir des délits mineurs.

Des délits mineurs, punis par la peine mort. Selon un rapport publié ce mercredi, la Corée du Nord organise des exécutions publiques dans des marchés ou des écoles sur des citoyens accusés de petits larcins, de distribution de journaux sud-coréens ou encore de prostitution. 

Le rapport élaboré par une ONG basée à Séoul, la capitale sud-coréenne, précise que ces exécutions publiques sont fréquemment favorisées par de "mauvais" antécédents familiaux, ou prises dans le cadre de campagnes gouvernementales visant à combattre certaines "attitudes".

Charniers de masse

Cette ONG, le Transitional Justice Working Group (TJWG), est dirigée par un militant des droits de l'homme sud-coréen et financé principalement par les Etats-Unis, se fonde sur 375 interviews menées avec des transfuges nord-coréens ayant rejoint le Sud, pendant deux ans.

L'ONG ambitionne de rendre compte des exécutions publiques et des charniers de masse du régime. "Les cartes et les témoignages associés donnent la mesure de l'ampleur des abus, depuis plusieurs dizaines d'années", déclare l'ONG.

De son côté, la Corée du Nord rejette ces accusations de violations des droits de l'homme et accuse les Etats-Unis d'être le pire transgresseur en la matière. En 2014, une commission de l'ONU a publié un rapport accablant pour le régime, décrivant des camps de prisonniers, un usage systématique de la torture, des famines et des exécutions et recommandant des poursuites pour crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale (CPI).

Exécutés pour avoir volé du riz

Selon l'ONG, des exécutions de prisonniers sont organisées au milieu des camps, pour dissuader les détenus de toute évasion. Des exécutions publiques visent elles des citoyens coupables de délits mineurs, comme le vol de produits alimentaires (maïs, riz).

Dérober des câbles électriques et d'autres produits des usines nord-coréennes en vue d'une revente est aussi passible de la mort, comme la distribution de médias sud-coréens.

Le texte rapporte en outre que des responsables du gouvernement nord-coréen accusés de corruption et d'espionnage ont été exécutés devant des fonctionnaires venus de tout le pays, par mesure de "dissuasion".

A.S. avec agences