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Hong-Kong: un manifestant hospitalisé après un tir à balle réelle de la police

La police anti-émeute fait feu contre les manifestants, à Hong-Kong, pendant une journée de violents affrontements

La police anti-émeute fait feu contre les manifestants, à Hong-Kong, pendant une journée de violents affrontements - Isaac Lawrence / AFP

Un manifestant hongkongais a été touché à la poitrine par un tir à balle réelle de la police ce mardi. De violents affrontements ont eu lieu tout au long de la journée entre les manifestants et les forces anti-émeute, éclipsant la journée d'anniversaire du régime communiste chinois.

Pour la première fois, un manifestant hongkongais a été blessé mardi à la poitrine par un tir à balle réelle lors d'affrontements qui ont éclaté en marge de manifestations pro-démocratie auxquelles ont pris part des dizaines de milliers de personnes déterminées à gâcher le 70ème anniversaire de la Chine populaire.

Usage "disproportionné" des tirs à balle réelle

Cette balle a été tirée par un policier dont l'unité avait été attaquée par des protestataires dans le quartier de Tsuen Wan, à environ 10 kilomètres du centre-ville, selon une source policière sous couvert de l'anonymat. Le manifestant a été évacué, inconscient, vers l'hôpital Princess Margaret. Une porte-parole de l'Autorité hospitalière a affirmé à l'AFP que 15 personnes avaient été hospitalisées dans la foulée des manifestations de mardi.

Le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, a dénoncé mardi comme "disproportionné" le recours aux tirs à balle réelle par la police de Hong Kong, qui a blessé un manifestant pro-démocratie, appelant les deux parties à la "retenue". 

"Bien qu'il n'y ait aucune excuse à la violence, le recours aux balles réelles est disproportionné et ne peut que risquer d'envenimer la situation", a déclaré M. Raab dans un communiqué, appelant à "un dialogue constructif", à "la retenue" et à "une désescalade à la fois de la part des manifestants et des autorités" de l'ex-colonie britannique.

Des affrontements qui ont duré tout l'après-midi

Mobilisés depuis juin, les militants pro-démocratie ont répondu en masse à l'appel à crier encore plus fort, à l'occasion de cet anniversaire, leur ressentiment à l'encontre du régime chinois.

Des affrontements ont fait rage pendant des heures mardi après-midi dans différents quartiers du territoire semi-autonome. Des groupuscules radicaux ont lancé des pierres et des cocktails Molotov et la police anti-émeute a riposté avec des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des canons à eau. Des barricades ont été incendiées, dégageant une épaisse fumée noire entre les gratte-ciel de ce centre financier international.

Ces images d'affrontements violents contrastaient avec le gigantesque défilé militaire organisé quelques heures plus tôt, place Tianamnen à Pékin, auquel ont assisté le président Xi Jinping et la cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, dont la popularité est au plus bas.

La contestation hongkongaise face aux pro-Pékin

Malgré les interdictions des autorités, des petits groupes de manifestants se sont retrouvés mardi après-midi dans une douzaine de quartiers. A Tsuen Wan, dans les Nouveaux Territoires, des manifestants masqués et armés de parapluies et de bâtons s'en sont pris à des policiers anti-émeutes qui avaient procédé à des interpellations.

Un groupe de parlementaires a été attaqué par des pro-Pékin alors qu'ils portaient symboliquement un cercueil dans le quartier d'affaires de Wan Chai. La police est rapidement intervenue pour mettre fin à l'altercation, en utilisant du gaz au poivre.

De l'autre côté de la baie, dans le quartier Tsim Sha Tsui, des manifestants ont entonné "Gloire à Hong Kong", hymne de la contestation hongkongaise. Une cinquantaine de personnes se sont également réunies sur le port pour agiter des drapeaux chinois et crier "Vive notre mère patrie!".

Après un week-end marqué par un regain de violences, la police avait mis en garde lundi contre une situation "très, très dangereuse" mardi. Hong Kong traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997, avec des actions quasi-quotidiennes et des affrontements violents entre radicaux et policiers.

J. G. avec AFP