BFMTV

Après la mort d'une passagère, le "Uber chinois" suspend ses services de nuit

Chauffeur utilisant l'application Didi Chuxing

Chauffeur utilisant l'application Didi Chuxing - Greg Baker / AFP

Suite au viol puis au meurtre de l'une de ses passagères Didi Chuxing, le géant chinois des véhicules avec chauffeur a annoncé ce mardi suspendre ses services de nuit jusqu'au 15 septembre.

Dans la tourmente après le viol et le meurtre d'une passagère, le géant chinois des véhicules avec chauffeur, Didi Chuxing, a annoncé mardi suspendre pour une semaine ses services de nuit, afin de renforcer ses dispositifs de sécurité.

Entre le 8 et le 15 septembre, il sera impossible en Chine de réserver un taxi, un VTC ou encore un véhicule en covoiturage sur toutes les applications du groupe entre 23 heures et 5 heures du matin, a indiqué "Didi" dans un communiqué, tout en assurant que ses services à l'étranger ne seraient pas affectés. 

Cette suspension "temporaire" intervient parallèlement à l'application de mesures destinées à renforcer la sécurité de ses usagers et à apaiser le courroux de l'opinion, après le récent assassinat d'une femme de 20 ans ayant utilisé le service de covoiturage du groupe.

Un bouton pour alerter la police

Didi va ainsi installer un bouton permettant "d'un clic d'alerter la police" à bord de ses VTC, offrir la possibilité de choisir des personnes à contacter en cas d'urgence, tester l'enregistrement sécurisé des données intégrales concernant les réservations de véhicules, tout en gonflant ses effectifs répondant aux appels des usagers, a-t-il assuré.

L'examen du casier judiciaire des chauffeurs, l'usage quotidien de la reconnaissance faciale pour vérifier qui est au volant et la coopération avec la police seront par ailleurs "poursuivis".

La passagère tuée fin août, dans une ville de l'est de la Chine, avait envoyé à des amis un message appelant au secours. Le chauffeur, déjà signalé auparavant par une autre utilisatrice, est suspecté de l'avoir violée puis tuée.

"Nous assumons une indéniable responsabilité"

L'incident a d'autant plus choqué qu'une hôtesse de l'air de 21 ans avait été sauvagement tuée en mai par un chauffeur dans des circonstances similaires. Didi avait alors déjà été critiqué pour son laxisme supposé en matière de sécurité et avait renforcé sa réglementation.

"Nous assumons une indéniable responsabilité", avait concédé fin août l'entreprise après ce deuxième décès. "L'incident montre les nombreuses défaillances de notre service consommateurs, le fait de ne pas avoir agi rapidement sur la plainte de la précédente passagère et le processus complexe et rigide du partage de l'information avec la police. Le prix à payer est trop élevé".

Le ministère chinois des Transports avait aussitôt fustigé "les failles criantes" du groupe en matière de sécurité.

B.L. avec AFP