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A la conquête de l'Everest sans oxygène... pour la science

L'Everest dans la chaîne de montagnes de l'Himalaya

L'Everest dans la chaîne de montagnes de l'Himalaya - Prakash Mathema-AFP

Richard Parks, un sportif de l'extrême britannique âgé de 38 ans, va se lancer au mois de mai à l'assaut du plus haut sommet du monde, sans bouteille d'oxygène et bardé de capteurs. Un défi suivi de près par des scientifiques et un laboratoire pharmaceutique.

Il se présente comme un athlète de l'extrême. Richard Parks, un Britannique âgé de 38 ans, va gravir le sommet de l'Everest en mai prochain sans apport d'oxygène et bardé d'électrodes au cœur et de capteurs sur la tête, afin de faire progresser la science, rapporte ce mardi Le Parisien. Il va même pousser l'expérience jusqu'à se faire une prise de sang et une biopsie musculaire, une incision dans la cuisse, puis analyser les résultats sur place, c'est-à-dire sur le toit du monde qui culmine à 8848 mètres, avec une petite machine portable.

Un aventurier de l'extrême

Ce Gallois de 1,89 m, ancien international de rugby qui a joué une saison à Perpignan, n'est pas un novice de l'aventure. En 2011, il est devenu le premier homme à vaincre en moins de sept mois les deux pôles ainsi que chacun des sommets les plus élevés des sept continents. Egalement ambassadeur de l'Office de tourisme du Pays de Galles, il s'est aussi illustré en ayant rejoint le pôle Sud à ski et en solitaire, soit 1150 km, en seulement vingt-neuf jours.

Lors de son périple pour grimper les 8848 mètres de l'Everest, il sera accompagné de deux personnes qui bénéficieront quant à elles de bouteilles d'oxygène. Voilà un an et demi que Richard Parks se prépare pour son challenge de l'extrême. Il s'entraîne régulièrement à l'université du sud du Pays de Galles, en coopération avec un laboratoire pharmaceutique. Suivi par des scientifiques, il s'exerce dans une chambre spécifiquement adaptée, pauvre en oxygène. Car sa petite expérience n'aura rien d'une promenade de santé.

Douze heures avant de mourir dans la Death zone

"Les résultats doivent permettre de mieux comprendre les effets sur le corps et l'esprit d'une immersion dans ce qu'on surnomme la Zone de la mort, vers 8000 m, quand l'oxygène présent dans l'air se fait rare. Je sais qu'il va falloir que je me batte physiquement et émotionnellement pour rester conscient dans un instinct de survie. A cette altitude, le moindre petit effort à réaliser vous paraît impossible", précise l'aventurier pour le quotidien, dont les résultats d'analyses s'intégreront dans une étude sur la démence.

En effet, à partir de 7500 m, c'est la Death zone. L'air devient irrespirable, car trop pauvre en oxygène, réduit de 70%. Le fonctionnement du corps se dégrade, avec différentes conséquences: nausées, manque d'appétit, conscience brouillée, pertes de mémoire, hallucinations. Mais aussi des œdèmes et une nécrose des cellules qui peuvent conduire à la mort en une douzaine d'heures. Le cerveau étant mal irrigué, c'est pour cela que les alpinistes ne peuvent rester longtemps à cette altitude.

282 alpinistes morts lors de l'ascension de l'Everest

Dès 5000 m, soit la hauteur du Kilimandjaro, l'air est réduit de moitié en oxygène. Différents troubles psychomoteurs peuvent subvenir, comme des pertes de conscience, des insomnies ou des maux de tête.

Depuis les premières ascensions de l'Everest, quelque 282 grimpeurs y ont perdu la vie, dont 102 qui avaient refusé de recourir à des bouteilles à oxygène. Au total, seuls 193 sportifs ont réussi l'ascension du toit du monde à l’air libre. Richard Parks souhaite ajouter son nom à cette liste.

C.H.A.