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Arabie Saoudite: une militante emprisonnée refuse d'être libérée si elle doit nier qu'elle a été torturée

Le drapeau de l'Arabie saoudite. (Photo d'illustration)

Le drapeau de l'Arabie saoudite. (Photo d'illustration) - OZAN KOSE / AFP

Loujain al-Hathloul, la militante, avait d'abord accepté de signer un document niant toute torture, avant de rejeter la demande de déclaration filmée.

La militante des droits des femmes saoudiennes emprisonnée, Loujain al-Hathloul, a refusé un pacte de libération dans lequel elle devait nier toute accusation de torture pendant son incarcération, d'après sa famille, relate CNN. 

Loujain al-Hathloul avait été arrêtée en mai 2018 dans le cadre d'une répression des critiques du gouvernement saoudien. Elle avait dans un premier temps signé un document niant qu'elle avait été torturée. Les responsables de la sécurité lui ont ensuite demandé de faire cette déclaration en vidéo, chose qu'elle a refusé, d'après son frère Walid al-Hathloul sur Twitter. 

"Lorsque la sécurité de l'Etat lui a demandé de signer le document pour le communiqué vidéo, elle a immédiatement déchiré le document", a écrit Walid al-Hathloul. "Elle leur a dit: 'En me demandant de signer ce document, vous êtes impliqués dans la couverture et vous essayez juste de défendre Saud Al-Qahtani qui surveillait la torture'."

Des militants ont accusé Saud Al-Qahtani, un ancien conseiller du prince héritier Mohammed ben Salmane, d’avoir participé à la torture. Saud Al-Qahtani avait été démis de ses fonctions après avoir été impliqué dans l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en octobre 2018.

"Je crains que la douleur ne reste avec elle pour toujours"

Ces derniers mois, les frères et sœurs de Loujain al-Hathloul ont présenté en détail les tortures endurées.

"Chaque fois que Loujain parlait des séances de torture à mes parents, ses mains tremblaient de manière incontrôlable. Je crains que la douleur ne reste avec elle pour toujours", a écrit Walid al-Hathloul dans un article d'opinion sur CNN en janvier. "Ma propre petite sœur a dit qu'elle était régulièrement fouettée, battue, électrocutée et harcelée", "elle a dit qu'il y avait parfois des hommes masqués qui la réveillaient au milieu de la nuit pour crier des menaces inimaginables".

Plus tôt ce mois-ci, l'Arabie saoudite a annoncé son intention d'assouplir les restrictions relatives à la mise sous tutelle des femmes par les hommes. Plusieurs militantes des droits des femmes emprisonnées, dont la militante Aziza al-Yousef, ont été libérées temporairement au cours des derniers mois.

Alexandra Jaegy