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Aquarius: et maintenant, quelle prise en charge pour les migrants?

Après avoir reçu des soins, les migrants de l'Aquarius arrivés à Valence dimanche seront accueillis par plusieurs pays de l'Union européenne, dont la France. La crise diplomatique sur cette question est cependant loin d'être résolue.

Quel avenir se dessine pour les 630 migrants débarqués à Valence ce dimanche, après une semaine d'errance en mer à bord de l'Aquarius? Au micro de BFMTV, Hassiba Hadj-Sahraoui, conseillère aux affaires humanitaires pour Médecins sans frontières, explique le processus d'accueil de ces réfugiés, et tire la sonnette d'alarme sur le drame en cours en Méditerranée.

Vulnérabilité

L'ONG, dont les équipes médicales étaient présentes sur les navires de secours, explique que "la priorité pour MSF, c’est de pouvoir remettre aux autorités espagnoles et différentes agences les personnes les plus vulnérables".

Parmi elles figurent notamment des "mineurs non accompagnés, des femmes enceintes ou avec des enfants en bas âges, des personnes brûlées, à cause de l’essence et de l’eau salée, des personnes qui ont failli se noyer, et qui ont des problèmes respiratoires", explique Hassiba Hadj-Sahraoui.

Au total, le dispositif mis en place pour cet accueil exceptionnel mobilise 2.320 personnes dont environ 1.000 bénévoles et 470 traducteurs, comme le détaille Médecins sans frontière:

"Il y a tout un travail qui a été fait en amont, pour signaler aux autorités espagnoles les personnes les plus vulnérables. Il y a des docteurs qui sont sur place pour prendre le relais, des hôpitaux mobilisés. Il va y avoir aussi du soutien psychologique (...). Il va s’agir maintenant de discuter avec les personnes, de comprendre ce qu’elles souhaitent, si elles souhaitent ou non demander l’asile."

Division politique

L'ONG s'inquiète de la division de l'Union européenne sur ce dossier et de l'hostilité affichée par certains de ses états membres face à cette situation. 

"Il faut se rappeler pourquoi on a commencé ces opérations de sauvetage: parce que les états n’y procédaient pas et que les gens se noyaient", tacle ainsi Hassiba Hadj-Sahraoui.

"Nous continuons à dire que nous sommes en Europe, que l’Europe a des valeurs, et une valeur principale, la défense de la vie. On ne peut pas, au 21ème siècle, laisser des gens mourir en Méditerranée, sachant à quel point cette mer est surveillée, survolée, à quel point on sait ce qu’il s’y passe. Nous continuerons à demander aux états européens de mettre les vies avant les considérations politiques", conclut-elle. 

Louis Nadau