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Après le réacteur 3 de Fukushima, inquiétudes pour le réacteur 1

Le toit du réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Fukushima. De l'eau hautement radioactive a été découverte dans le réacteur 1 de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima accidentée à la suite du tremblement de terre du 11 mars suivi d'un tsun

Le toit du réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Fukushima. De l'eau hautement radioactive a été découverte dans le réacteur 1 de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima accidentée à la suite du tremblement de terre du 11 mars suivi d'un tsun - -

par Yoko Kubota TOKYO (Reuters) - De l'eau hautement radioactive a été découverte dans le réacteur 1 de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima...

par Yoko Kubota

TOKYO (Reuters) - De l'eau hautement radioactive a été découverte dans le réacteur 1 de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima accidentée à la suite du tremblement de terre du 11 mars suivi d'un tsunami, a annoncé l'exploitant.

Deux des six réacteurs de la centrale semblent stabilisés, mais l'exploitant Tokyo Electric Power Co (Tepco) et l'agence nationale japonaise de sûreté nucléaire ont annoncé vendredi soir que de l'eau hautement radioactive avait été découverte dans le bâtiment du réacteur n°1.

"Nous en ignorons la cause", a déclaré un responsable de Tepco lors d'une conférence de presse. Cette découverte a entraîné un nouveau retard dans les efforts déployés pour stabiliser les réacteurs, a dit un autre responsable.

Hidehiko Nishiyama, de l'agence japonaise de sûreté nucléaire, avait dit peu auparavant que le taux élevé de radioactivité signifiait que le réacteur était peut-être endommagé.

Mais il a déclaré par la suite à des journalistes: "Cela pourrait provenir d'opérations de décompression (de la vapeur) et il pourrait y avoir des fuites d'eau provenant de tuyaux et de valves, mais aucune donnée ne suggère qu'il y ait une fissure".

A Vienne, l'Agence internationale de l'Energie atomique a annoncé que deux techniciens hospitalisés pour avoir été exposés à un taux très élevé de radiation en travaillant sur le réacteur n°3 pourraient bientôt quitter l'hôpital mais que la source exacte de l'eau qui les a contaminés reste mystérieuse.

FISSURE DANS LA CUVE DU REACTEUR?

Les deux hommes, qui s'efforçaient de refroidir le réacteur ont, avec un collègue, été exposés jeudi à des niveaux de radioactivité 10.000 fois plus élevés que la normale, ce qui pourrait alimenter l'hypothèse d'une fissure dans la cuve du réacteur 3.

"D'après les informations en provenance du Japon, ils pourront très probablement quitter l'hôpital lundi. D'un point de vue médical, s'ils avaient quelque chose de grave, ils ne pourraient pas sortir lundi", a déclaré vendredi lors d'une conférence de presse Rethy Chem, directeur pour la santé humaine à l'AIEA.

Il a ajouté qu'il était aussi exagéré de qualifier de brûlures les blessures aux pieds dont souffraient les techniciens, bien qu'il soit évident qu'ils ont été contaminés.

On pense que les sous-traitants qui travaillaient dans le bâtiment n'ont pas tenu compte des alertes émises par leur dispositif de détection des radiations.

"Les conditions dans l'endroit où ils travaillaient ont changé. Les doses auparavant étaient faibles (...) et ils ont pensé qu'il s'agissait d'une fausse alerte", a expliqué Elena Buglova, responsable à l'AIEA.

"Il n'y a pas eu beaucoup des changements à la centrale Fukushima Daiichi ces dernières 24 heures. Certaines tendances positives se poursuivent mais il reste des domaines d'incertitude qui sont cause de graves inquiétudes", a déclaré pour sa part Graham Andrew, de l'AIEA.

Des responsables japonais ont laissé entendre que la cuve du réacteur 3 pourrait être endommagée, avant de juger cette hypothèse peu probable.

Prié de dire comment une radioactivité élevée pourrait s'échapper si la cuve n'est pas endommagée, Andrew a avancé qu'elle pourrait provenir de la vapeur dégagée par le réacteur en surchauffe.

"Il y a d'autres mécanismes même lorsque les cuves sont intactes qui fournissent une voie d'échappement hors du réacteur", a-t-il dit, ajoutant que des responsables de l'AIEA soupçonnent qu'il pourrait y avoir des dégâts, mais que le Japon n'a fourni aucune information en ce sens.

Pour Andrew, la radioactivité semble provenir du combustible du réacteur et non des piscines contenant le combustible usagé, qui avaient aussi été sources d'inquiétudes.

Dix-sept techniciens ont reçu des doses élevées d'irradiation depuis le début de l'opération, a précisé l'AIEA.

Avec Michael Shields et Sylvia Westall à Vienne; Nicole Dupont pour le service français

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