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Après le Brexit, Marine Le Pen intéresse la presse britannique

Marine Le Pen est arrivée.

Marine Le Pen est arrivée. - BFMTV

Les journaux britanniques et leurs sites internet mentionnent très régulièrement la candidate frontiste à l'élection présidentielle. Alors que le Royaume-Uni entame le parcours qui le mènera au Brexit, Marine Le Pen, qui a promis un référendum sur la sortie de la France de l'euro en cas de victoire, trouve une audience inattendue.

Marine Le Pen a beau moquer la "consistance" des idées de la Première ministre britannique, Theresa May, coupable à ses yeux de ne pas l'avoir rencontrée alors qu'elle avait reçu Emmanuel Macron, la leader du Front national trouve une audience au Royaume-Uni. Selon Le Monde, les médias d'outre-Manche se demandent si le Brexit, c'est-à-dire la rupture du pays avec l'Union européenne, ne va pas déclencher une réaction en chaîne, un "effet domino", permettant à Marine Le Pen d'emporter la présidentielle. Ce succès éventuel, est-il relevé, serait susceptible de provoquer une sortie de la France de l'euro et des institutions européennes, après un référendum sur la question.

Tout ramène au Brexit quand la presse évoque Le Pen

Pour certains, Marine Le Pen pourrait même arranger un peu les affaires du pays. Charles Bremner, correspondant de The Times (magazine qui avait pris fait et cause pour le maintien britannique dans l'Union européenne), est ainsi cité par Le Monde: "Si elle (Marine Le Pen, NDLR) faisait mentir les sondages et gagnait, son arrivée à la présidence pourrait aider la Grande-Bretagne car, en tant que partisane du Brexit, elle n’appuierait pas de demandes dures" de Bruxelles aux Britanniques. 

Mais c'est bien sûr au sein de la presse britannique favorable au Brexit que Marine Le Pen occupe le plus d'espace. Ce mardi, le site du Daily Telegraph a ainsi consacré deux articles à la candidate à la présidentielle. Dans le portrait de la patronne du Front national, on évoque pêle-mêle l'attentat commis en 1976 au domicile de sa famille, sa carrière d'avocate, sa politique de "dédiabolisation" du parti à partir de 2011.

Mais, au moment d'aborder son programme, on met en bonne place sa volonté de "de quitter l'euro et l'Union européenne, de restaurer 'l'indépendance nationale'". Le quotidien relève également que la perspective d'un second tour face à Emmanuel Macron lui est très défavorable mais, ajoute-t-il, "ses supporters croient que tous les paris sont vains depuis l'élection de Trump et le Brexit". Tout décidément ramène les Britanniques au Brexit lorsqu'il est question de la présidente du Front national. 

Des analyses contradictoires

Le Sun, qui a également fait campagne pour le divorce britannique, enfonce le clou: "Elle a loué le peuple britannique pour avoir tenu tête à 'l'Union européenne totalitaire, cette prison du peuple'. Le Frexit suivra, a-t-elle promis." D'après le tabloïd, sa politique de rupture avec l'Union européenne est pour beaucoup dans le pourcentage des votes acquis à Marine Le Pen. Il aborde "son opposition à 'l'islamisation' et à l'UE- qui a largement dopé sa popularité en France". 

Un autre titre partisan du Brexit tient pourtant une analyse bien différente dans un article intitulé: "Le Pen gagne des soutiens même parmi les Français partisans de l'euro". En effet, le journal estime qu'"un des résultats du gain en popularité de Marine Le Pen est qu'on passe outre l'une de ses principales idées: rejeter l'euro et quitter l'Union européenne, qui restent des positions marginales en France alors même que Le Pen est mieux acceptée dans le grand public". Si des divergences subsistent entre les diagnostics, tous ces journaux ont pour point commun l'intention de suivre pas à pas Marine Le Pen jusqu'au 23 avril ou au 7 mai. 

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R.V.