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Un pas de plus du Congrès américain contre l'avortement

Le congrès américain, le 28 février 2017, à Washington DC

Le congrès américain, le 28 février 2017, à Washington DC - Chip Somodevilla-AFP

Grâce au vote du vice-président américain, le Congrès a supprimé de justesse le financement public du Planning familial. Le texte doit encore être promulgué par Donald Trump.

Le Congrès américain, à majorité républicaine, a abrogé jeudi une directive de l'ère Obama destinée à sanctuariser les financements publics des cliniques du planning familial, déclenchant la colère des démocrates et de nombreuses associations de défense de l'avortement.

Un "honneur" pour Mike Pence

Le Sénat a adopté la mesure de justesse, après un vote à 50-50 départagé de façon exceptionnelle par le vice-président Mike Pence, qui en a le pouvoir en tant que président du Sénat. Ce dernier a assuré sur Twitter que cela avait été "un honneur pour lui".

La Chambre des représentants avait approuvé le texte en février. Il ne reste plus qu'au président Donald Trump à le promulguer.

Aux États-Unis, les fonds publics ne peuvent permettre de subventionner les avortements, selon la loi en vigueur. Mais les cliniques comme celles du réseau Planned Parenthood, dont beaucoup pratiquent des IVG, peuvent recevoir des fonds en remboursement d'autres soins de santé, comme des dépistages ou la contraception.

Une douzaine d'États contrôlés politiquement par les républicains avaient cependant voté localement pour interdire le transfert d'argent public à toute clinique qui pratiquerait des avortements. L'administration Obama avait signé en décembre dernier une directive interdisant ce type de mesures de rétorsion, arguant que cela fragiliserait l'équilibre financier des cliniques, privant de nombreuses femmes aux revenus modestes de soins essentiels.

"Les femmes vulnérables qui cherchent de véritables soins de santé généralistes méritent mieux que des établissements centrés sur l'avortement comme Planned Parenthood", s'est félicitée l'élue républicaine du Tennessee Diane Black.

Les femmes qui avortent méritent "une punition"

Peu après son investiture, le nouveau président américain avait interdit, par son tout premier décret, le financement d'ONG internationales soutenant l'avortement. Une mesure qui avait été prise au lendemain de l'anniversaire de "Roe V. Wade", l'arrêt emblématique de la Cour suprême qui avait légalisé l'avortement en 1973. Durant sa campagne, le candidat républicain avait déclaré que les femmes se faisant avorter illégalement devraient faire face à "une certaine forme de punition"

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, plusieurs États ont pris des mesures durcissant l'accès à l'IVG. Comme le Texas, très conservateur, qui impose désormais des funérailles après un avortement. Dans ce même État, une loi autorise à présent les gynécologues à ne pas donner aux femmes enceintes toutes les informations sur l'état de santé du fœtus, et donc de leur cacher un possible handicap.

Un vote "contre la santé des femmes"

Les démocrates, minoritaires au Congrès, ont condamné le vote comme une atteinte aux droits des femmes. Cette mesure "est un nouvel épisode de la guerre menée par les républicains contre les femmes", a tonné le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Schumer. "Elle autorisera les États à traiter les femmes comme des citoyennes de seconde zone". "Honteux", a dénoncé Dianne Feinstein, une autre sénatrice démocrate.

Le Planning familial a quant à lui répondu à Mike Pence sur le même réseau social, affirmant qu'il n'y avait "rien d'honorable à saper l'accès à la contraception pour 4 millions de femmes à faibles revenus", ajoutant dans un autre post que ce vote était un vote "contre la santé des femmes".

C.H.A. avec AFP