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Tempête Harvey: Trump face à l'exercice délicat de la gestion de catastrophe naturelle

Donald Trump à Washington, le 27 août.

Donald Trump à Washington, le 27 août. - Saul Loeb - AFP

Le président américain doit se rendre ce mardi au Texas, confronté à des inondations historiques après le passage de l'ouragan Harvey, en fin de semaine dernière. C'est la première fois, depuis son arrivée au pouvoir, que Donald Trump se retrouver à devoir gérer une catastrophe naturelle. Un exercice à haut risque.

Ne pas reproduire les erreurs de George W. Bush en 2005, lorsque l'ouragan Katrina avait ravagé la Nouvelle-Orléans. Tel est le mot d'ordre que s'est donné l'administration Trump pour gérer le dossier Harvey. La Maison Blanche semble en effet déterminée à montrer son efficacité et son implication dans la gestion de cette redoutable catastrophe naturelle, dont l'impact est d'ores-et-déjà l'un des pires qu'aient connu les Etats-Unis.

Un président mobilisé

Après avoir dit, dans un premier temps, qu'il se rendrait sur place lorsqu'il ne gênerait pas les secours, Donald Trump a fait volte-face, dimanche, annonçant qu'il se rendrait ce mardi au Texas, dont de nombreuses régions sont ravagées par les inondations liées au passage de l'ouragan Harvey, en fin de semaine dernière.

A l'heure où les critiques à son encontre sont désormais quotidiennes, depuis l'épisode Charlottesville et l'indulgence dont il a fait preuve vis-à-vis des suprémacistes blancs et des néo-nazis, le président américain sait que la gestion d'Harvey et de ses suites sera un redoutable test de sa capacité à diriger, au milieu d'une rentrée par ailleurs à haut risque, et alors que son administration est déjà fragilisée.

Photos en réunion d'urgence avec ses équipes, messages mobilisateurs: tout au long du week-end, le locataire de la Maison Blanche s'est mobilisé, et l'a fait savoir. Fait rare, il a même laissé de côté les tweets provocateurs dont il a l'habitude pour une série de messages mobilisateurs, ou encore un appel à la tolérance signé Mère Teresa. Le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, a loué ce lundi une réponse "remarquable" au niveau fédéral. "A chaque fois que le Texas formulait une demande, la réponse était oui", a-t-il souligné sur CBS.

Mais Donald Trump, habitué aux sautes d'humeur et aux changements de ton soudain, saura-t-il conserver une posture présidentielle et mobilisatrice sur la durée? Rien n'est moins sûr. Les critiques sont en tout cas, pour l'heure, concentrées sur les autorités locales, dont le manque de préparation est pointé du doigt.

Eviter à tout prix un scénario à la Bush

Les détails du déplacement présidentiel au Texas n'ont pas encore été annoncés, mais selon le gouverneur de cet Etat du sud du pays, Donald Trump ne devrait pas s'arrêter à Houston, où les inondations sont conséquentes, afin de ne pas paralyser les opérations de secours, mais plus à l'intérieur des terres.

Une chose est certaine: il semble déterminé à éviter les erreurs - sur le fond comme la forme - de son prédécesseur George W. Bush face aux ravages de l'ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans, en 2005. La photo de ce dernier contemplant la zone dévastée à travers le hublot d'Air Force One est restée comme un redoutable symbole d'un président déconnecté des réalités du terrain. La catastrophe avait fait 1.200 morts dans la région de la Nouvelle-Orléans, et les pouvoirs publics avaient été trop lents et trop peu centralisés. Cet épisode dramatique reste perçu comme une tache indélébile sur le second mandat de George W. Bush.

Débloquer des fonds

Mais les inondations catastrophiques qui frappent le Texas représentent aussi un défi pour la Maison Blanche qui devra, dans les jours et semaines à venir, travailler étroitement avec le Congrès pour débloquer les fonds nécessaires pour la reconstruction. L'impact économique de Harvey, impossible à chiffrer avec précision à ce stade, se comptera en dizaines de milliards de dollars.

Or la rentrée parlementaire se présente au plus mal pour le locataire de la Maison Blanche qui s'est mis à dos l'homme fort du Sénat, Mitch McConnell, et celui de la Chambre des représentants, Paul Ryan, tous deux pourtant de sa famille politique.

Et les débats devraient être âpres pour boucler, d'ici fin septembre, le vote du budget 2018 et le relèvement du plafond de la dette. Face à l'urgence Harvey, Donald Trump, qui a menacé d'aller au blocage si des crédits n'étaient pas débloqués pour le mur à la frontière du Mexique, mettra-t-il en sourdine son "chantage budgétaire" ?

Adrienne Sigel avec AFP