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New York: ouverture du procès d'un gourou et de sa secte d'esclaves sexuelles

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Image d'illustration - Éric Baradat - AFP

Cinq femmes qui occupaient des postes d'encadrement dans cette secte ont toute plaidé coupable et évité le procès.

Le procès du gourou américain Keith Raniere, qui a entretenu durant plusieurs années une secte d'esclaves sexuelles, s'ouvre ce mardi à New York, avec la perspective de témoignages accablants de ses anciennes femmes de confiance.

Ils devaient être six sur le banc des accusés, mais cet homme de 58 ans sera finalement le seul à comparaître, mardi, avec les avocats du cabinet de Benjamin Brafman, ancien défenseur de Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire Nafissatou Diallo.

Les cinq femmes, qui occupaient toutes des postes d'encadrement dans plusieurs organisations dirigées par Keith Raniere ont, l'une après l'autre, plaidé coupable et évité ainsi le procès.

Des services sexuels contre de l'argent

Reste "Vanguard", comme il se faisait surnommer, le cerveau présumé de ce système qui avait pour objectifs principaux, selon l'accusation, d'extorquer de l'argent aux adeptes et de satisfaire son appétit sexuel.

Ils sont plus de 16.000, en vingt ans, à être passés par l'un des ateliers de Raniere, qui leur promettait notamment de "mettre à jour (leur) potentiel humain", à 5.000 dollars le stage de 5 jours.

Beaucoup se retrouvaient rapidement endettés, au point de devoir travailler pour Nxivm (prononcer Nexium), l'organisation principale, afin de rembourser.

Des centres dans plusieurs pays

Dès les débuts, Keith Raniere est soupçonné d'avoir entretenu un cercle de 15 à 20 femmes sous influence, avec lesquelles il avait des relations sexuelles à son gré. Il exigeait d'elles qu'elles suivent un régime "extrêmement pauvre en calories" pour se transformer physiquement selon ses goûts.

Basé à Albany, capitale de l'Etat de New York, l'organisation a ouvert des centres dans plusieurs villes des Etats-Unis, du Canada, du Mexique et d'autres pays d'Amérique centrale.

En 2015, Raniere aurait créé une organisation parallèle pyramidale, baptisée DOS, qui comprenait des "esclaves" et des "maîtres". Tous les membres étaient des femmes avec, au sommet de la pyramide, le gourou présumé lui-même.

Marquage dans les chairs

Avant d'être acceptées comme esclaves, les femmes devaient fournir des "garanties", c'est-à-dire divers éléments compromettants pour elles-mêmes, photos, lettres, ou documents, que l'organisation se réservait le droit de rendre publics si elles quittaient DOS.

Certaines devaient aussi subir un "marquage", qui consistait à tracer sur la peau des lettres, souvent les initiales de Raniere, à l'aide d'un stylo à cautériser, qui brûlait les chairs. La victime était maintenue immobile par d'autres femmes et chaque séance était filmée.

Réclusion à perpétuité

Après la défection de plusieurs membres et la publication d'un long article dans le New York Times, en octobre 2017, le gourou présumé s'est enfuit au Mexique, où il a été interpellé, en mars 2018.

Il est poursuivi pour trafic sexuel, extorsion, association de malfaiteurs et menaces. S'il est reconnu coupable de ces chefs d'accusation, Keith Raniere risque la réclusion à perpétuité.

Leur coopération avec le procureur fédéral de Brooklyn, Richard Donoghue, laisse planer la possibilité que plusieurs des cinq cadres incriminées témoignent au procès contre leur ancien mentor et lèvent un peu plus le voile sur la secte.

L'actrice Allison Mack impliquée 

Selon des échanges lors de la sélection des jurés, l'actrice Allison Mack (vue dans la série Smallville), très proche de Keith Raniere, pourrait également être appelée par le procureur.

En larmes, lors de son audience de plaider coupable, début avril, elle a expliqué au juge Nicholas Garaufis, qui siègera au procès, avoir fait un travail sur elle-même et comprendre aujourd'hui que l'organisation s'était mise hors la loi. Le procès doit durer six semaines environ.

Juliette Mitoyen avec AFP