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Le renseignement américain affirme que les Russes continuent à interférer dans le processus électoral

Un rouleau d'autocollants distribués les jours de vote, le 5 juin 2018 à San Anselmo, aux Etats-Unis.

Un rouleau d'autocollants distribués les jours de vote, le 5 juin 2018 à San Anselmo, aux Etats-Unis. - Justin Sullivan - Getty Images North America - AFP

Si aucune attaque contre les infrastructures électorales n'a été constatée, de hauts responsables américains mettent en garde contre des "tentatives d'influences mal intentionnées" provenant de Russie.

La Russie continue "d'essayer d'affaiblir et de diviser les Etats-Unis" en interférant dans le processus électoral américain et en s'immisçant dans le débat politique, a accusé jeudi le patron des services de renseignement américains Dan Coats. "C'est une menace que nous devons prendre très au sérieux", a mis en garde pour sa part Christopher Wray, le patron du FBI.

Plusieurs hauts responsables américains ont sonné l'alarme jeudi, prenant la parole l'un après l'autre lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche pour dénoncer une "menace réelle" de la part de la Russie.

Pour l'heure, les efforts dudit pays pour tenter de "miner nos valeurs fondamentales" ne sont pas aussi importants qu'ils l'ont été pour influer sur l'élection présidentielle de 2016, a noté Dan Coats. "Nous n'avons pas vu ce type d'efforts importants jusqu'à présent", a-t-il souligné.

La menace "est réelle. Elle continue. Et nous faisons tout notre possible pour avoir des élections en lesquelles les Américains puissent avoir confiance", a-t-il ajouté, à quelques mois du scrutin parlementaire de mi-mandat de novembre.

Pas d'attaques mais des "tentatives d'influence"

Le directeur du FBI a noté qu'il n'avait pas pour l'instant constaté d'attaque directe sur les infrastructures électorales. "Ce que nous voyons, ce sont des tentatives d'influence mal intentionnées", a-t-il relevé. 

"Il est important de comprendre qu'il ne s'agit pas simplement d'une menace liée au processus électoral. Nos adversaires sont en train d'essayer de saboter notre pays de manière persistante, qu'on soit en période d'élections ou non", a-t-il insisté.

Les interférences de la Russie dans la présidentielle de 2016 ont conduit le ministère de la Justice à nommer un procureur spécial chargé d'enquêter sur ces agissements, y compris une possible collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et les autorités russes.

Au début de l'année, la justice américaine a inculpé 13 personnes et trois entirés pour ingérence dans les élections et le processus politique américains. Douze agents du renseignement russe ont également été inculpés aux Etats-Unis mi-juillet pour ingérence dans la présidentielle de 2016.

Facebook, violemment critiqué l'an dernier pour avoir servi de plateforme de désinformation lors de l'élection de 2016, a annoncé mardi avoir repéré de nouvelles tentatives de manipulation à l'approche du scrutin de novembre, en se gardant d'identifier les auteurs mais en laissant les regards se tourner vers la Russie.

Une "chasse aux sorcières" pour Trump

L'enquête sur l'ingérence russe empoisonne le mandat de Donald Trump, qui tente depuis plusieurs mois de discréditer cette investigation. Le président a exprimé son souhait de voir son ministre de la Justice mettre fin à cette enquête, qu'il juge minée par des conflits d'intérêt prêtés à Robert Mueller et qu'il qualifie de "chasse aux sorcières".

Dans le cadre de cette investigation, quatre membres de l'ancienne campagne présidentielle de Donald Trump sont poursuivis pour des délits qui ne sont cependant pas directement liés à une éventuelle collusion avec Moscou.

L.A., avec AFP