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Le décret anti-immigration de Trump condamné à l'international

Une manifestation de soutien aux migrants à New York

Une manifestation de soutien aux migrants à New York - AFP

Après la signature d'un décret anti-immigration par Donald Trump, de nombreux responsables politiques ont dit leur inquiétude et ont largement condamné le texte.

Au lendemain de la signature d'un décret anti-immigration par Donald Trump, des dirigeants de pays occidentaux et du Moyen-Orient ont dit leur opposition à ce texte. Ce décret signé par le président américain a suspendu le programme américain d'admission des réfugiés et interdit l'entrée aux ressortissants de sept pays de confession majoritairement musulmane. Dans la foulée, plusieurs voix ce sont élevées contre la mesure. Celle des manifestants aux Etats-Unis d'abord mais aussi celle du Premier ministre canadien. 

Le Canada et l'Ecosse disent "bienvenue" aux réfugiés

Sur Twitter, Justin Trudeau a publié cette photo sans équivoque annonçant "Bienvenue au Canada". Il a aussi rappelé la politique d'accueil des réfugiés au Canada: "A ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force". 

Une annonce reprise par la Première ministre d'Ecosse, Nicola Sturgeon qui souhaite elle aussi la "Bienvenue en Ecosse" aux réfugiés, peu importe leur confession.

Tollé en Europe

Samedi, François Hollande s'est quant à lui entretenu avec Donald Trump par téléphone. Il a indiqué au président américain que "face à un monde instable et incertain, le repli sur soi est une réponse sans issue". Même discours du côté de l'Allemagne, Angela Merkel a jugé cette décision discriminatoire "non justifiée": 

"Elle est convaincue que même dans le cadre de la lutte indispensable contre le terrorisme il n'est pas justifié de placer sous une suspicion généralisée des gens en fonction de leur origine ou croyance", a dit le porte-parole cité par l'agence de presse DPA.

Même au Royaume-Uni, la conservatrice Theresa May a finalement affirmé son désaccord avec le décret anti-réfugiés. Dans un premier temps, la Première ministre britannique avait refusé de condamner le décret et son changement de position tardif a été critiqué par l'opposition du parti travailliste. 

L'Iran seul à répliquer

Du côté des pays du Moyen-Orient, principaux concernés par la mesure d'interdiction d'entrée sur le territoire américain, l'Iran a rapidement décidé d'appliquer le principe de réciprocité aux voyageurs américains. Téhéran voit dans cette mesure un "cadeau" fait "aux extrémistes". Ce décret sert aux terroristes "à recruter en creusant la fracture initiée par les démagogues extrémistes", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. 

Ailleurs dans les pays concernés, seuls le Soudan et le Yémen, dont le gouvernement n'est pas reconnu par la communauté internationale ont réagi. Ce dernier a jugé le décret "illégal et illégitime". 

Aux Etats-Unis aussi, le décret a été condamné y compris au sein même du camp de Donald Trump. Les sénateurs républicains Ben Sasse, Jeff Flake et Justin Amash ont dénoncé une mesure "inacceptable" tout en appelant à la "sagesse". La bataille judiciaire a d'ailleurs déjà commencé dans le pays: une juge a donné raison à une ONG et a ordonné de ne pas expulser les personnes interpellées depuis vendredi. 

M.L.