BFMTV

Le basketteur LeBron James accuse Donald Trump de remettre le racisme "à la mode"

Donald Trump le 27 janvier 2016 au Pentagone

Donald Trump le 27 janvier 2016 au Pentagone - Mandel Lgan-AFP

Après avoir condamné tardivement le racisme deux jours après les violences de Charlottesville, le président américain a rétropédalé mardi, estimant qu'il y avait des torts "des deux côtés" lors de la manifestation organisée par des suprémacistes blancs et le Ku Klux Klan.

Retour à la case départ. Après les violences de Charlottesville, qui ont coûté la vie à une militante antiraciste, le président américain avait évoqué des torts partagés. Critiqué pour son manque de réaction, il a lundi estimé que le racisme était "le mal". Avant d'assumer à nouveau sa position initiale le lendemain. Dans cette ville de Virginie, une femme de 32 ans a été tuée au cours du week-end par la voiture d'un néo-nazi de 20 ans qui a percuté volontairement la foule, lors d'une manifestation rassemblant suprémacistes blancs, néo-nazis et membres du Ku Klux Klan. Après cette nouvelle réaction, la star du basket-ball américain LeBron James a accusé Donald Trump de remettre la haine raciale "à la mode".

"La haine raciale a toujours existé aux Etats-Unis. On le sait, mais Donald Trump l'a remise à la mode!", a tweeté le joueur des Cleveland Cavaliers.

"Personne ne veut le dire"

Quelques minutes auparavant, le président américain, de retour à New York, avait donné une conférence de presse au cours de laquelle il avait renvoyé dos-à-dos les membres de la droite raciste suprémaciste et les contre-manifestants.

"J'ai regardé de très près, de beaucoup plus près que la plupart des gens. Vous aviez un groupe d'un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l'autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire", a-t-il notamment affirmé.

S'exprimant mardi soir dans le cadre de sa Fondation, à Sandusky, dans l'Ohio, LeBron James a une nouvelle fois durement critiqué le président Trump: "J'ai cette occasion de parler, et je suis quelqu'un dont la voix est écoutée, et je dis que la seule façon pour nous de nous améliorer en tant que société et en tant que personnes est l'amour. C'est la seule façon par laquelle nous pourrons conquérir quelque chose ensemble".

"Ce n'est pas le gars qui est supposé être le président des Etats-Unis, ou qui que ce soit, c'est nous (qui devons agir)", a poursuivi la star des Cleveland Cavaliers: "C'est à nous de nous regarder dans le miroir. Depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte. A nous tous de nous regarder dans le miroir et de nous demander, 'que pouvons-nous améliorer pour aider au changement?'"

Très nombreuses réactions

LeBron James, un des tout meilleurs basketteurs de la planète, a l'habitude de s'engager politiquement. Durant l'élection américaine, il avait apporté son soutien à Hillary Clinton, l'adversaire de Donald Trump. Il a ainsi notamment participé à l'un des meetings de la candidate démocrate dans l'Ohio, l'Etat dont il est originaire et dont il est devenu l'un des porte-drapeaux.

Le sportif n'a pas été la seule célébrité à condamner publiquement les propos du président. "Sans une déclaration préparée, ce président dit ce qu'il pense vraiment: mettre sur le même plan des néonazis et ceux qui protègent les droits civiques est honteux et insensé", a tweeté à son tour la chanteuse et actrice Barbra Streisand.

"Ce qui était le week-end le plus honteux du président vient d'être prolongé indéfiniment" avec ses nouvelles déclarations, a estimé l'actrice et activiste Mia Farrow sur le réseau social.

Charlie Vandekerkhove avec AFP