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Howard Schultz quitte Starbucks, et relance les rumeurs sur sa candidature à la Maison Blanche

Howard Schultz, le 7 mai 2018, lors d'une conférence à Milan.

Howard Schultz, le 7 mai 2018, lors d'une conférence à Milan. - Miguel Medina - AFP

Le président exécutif du conseil d'administration de Starbucks quitte l'entreprise, alors que des rumeurs le disent intéressé par une éventuelle candidature à la présidentielle américaine de 2020.

Howard Schultz, l'homme qui avec son entreprise Starbucks a bouleversé la consommation de café aux Etats-Unis, va quitter la multinationale, relançant les spéculations sur l'éventualité d'une candidature à l'élection présidentielle américaine de 2020.

Proche du parti démocrate, Howard Schultz va abandonner ses fonctions de président exécutif du conseil d'administration de Starbucks dès le 26 juin et se consacrer à l'écriture d'un livre, a annoncé lundi la chaîne de cafés. Ce livre va se focaliser sur l'impact social de Starbucks et sur la responsabilité morale d'une grande entreprise cotée en Bourse. 

Aucun mot sur ses ambitions politiques

Âgé de 64 ans, ce dirigeant, qui rappelle volontiers ses origines sociales modestes, ne dit pas s'il va se lancer en politique, mais son départ est de nature à relancer les spéculations sur ses ambitions présidentielles.

"Je suis profondément inquiet de l'état de notre pays depuis quelque temps maintenant - sur la montée des divisions et de notre position dans le monde", a-t-il déclaré au New York Times.

"L'une des choses que j'ai envie de faire dans le prochain chapitre de ma vie est de déterminer s'il y a un moyen pour moi de rendre à la communauté ce qui m'a été donné", ajoute-t-il. "J'ai l'intention d'examiner diverses options et ceci peut inclure le service public", répond-il quand on lui demande expressément s'il va se présenter à la prochaine élection présidentielle. "Je suis encore loin d'avoir pris une décision sur l'avenir", conclut-il en entretenant le flou.

Un patron politiquement engagé

Patron engagé, Howard Schultz s'est toujours illustré par ses prises de position politiques et sa fibre sociale. Il s'était par exemple engagé en janvier 2017 à recruter 10.000 réfugiés dans les cinq prochaines années, après l'annonce du décret anti-immigration pris par le président Donald Trump.

"Nous vivons dans une époque sans précédent, un moment au cours duquel (...) la promesse du rêve américain est remise en cause", avait alors déclaré le grand patron, qui n'a en outre jamais eu peur d'aborder la délicate question des tensions raciales aux Etats-Unis.

Il a également apporté son soutien aux salariés américains réclamant une augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l'heure. Sous sa férule, Starbucks a ouvert des cafés dans les zones défavorisées et soutenu des initiatives contre le racisme.

Président honorifique

Le 3 avril 2017, Howard Schultz avait déjà cédé les rênes opérationnelles du groupe à Kevin Johnson, son numéro 2. Il n'avait gardé que la casquette de président exécutif du conseil d'administration.

Howard Schultz sera fait président honorifique du groupe, a précisé Starbucks, qui exploite actuellement plus de 28.000 cafés dans près de 77 pays à travers le monde, contre 11 établissements seulement lors de l'arrivée en 1982 de Howard Schultz.

Howard Schultz, qui a rejoint Starbucks en 1982 en tant que directeur commercial, est considéré comme l'artisan du succès mondial de la chaîne de cafés, qu'il avait quittée brièvement en 1986, après des dissensions avec les propriétaires. Il avait ensuite monté sa propre entreprise, Il Giornale, avant de racheter par la suite, en 1987, les parts des propriétaires de Starbucks, créé en 1971 à Seattle, avec le soutien de petits investisseurs locaux.

A.S. avec AFP