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Trump sous pression avant la primaire du Wisconsin

Donald Trump lors d'un meeting à La Crosse, dans le Wisconsin, le 4 avril 2016.

Donald Trump lors d'un meeting à La Crosse, dans le Wisconsin, le 4 avril 2016. - Scott Olson - AFP

Les électeurs du Wisconsin votent ce mardi pour désigner le candidat qu'ils souhaitent voir investi dans la course à la Maison Blanche. Côté républicain, Donald Trump est en mauvaise posture dans les sondages face à son rival Ted Cruz. Une défaite pourrait l'empêcher d'atteindre le nombre de délégués nécessaires pour remporter l'investiture.

Le champion des urnes sent la pression monter. Lundi, veille de la primaire présidentielle dans le Wisconsin, le candidat républicain Donald Trump poursuivait sa campagne à un rythme d'enfer pour éviter une défaite mardi contre le sénateur Ted Cruz, mais le milliardaire continuait de dominer les sondages pour les importants scrutins de la fin du mois.

Cruz devant Trump dans le Wisconsin?

Aucun vote républicain n'a eu lieu depuis deux semaines, et seul le Wisconsin, Etat des Grands Lacs à la frontière canadienne, va voter ce mardi. Son isolement va donner aux résultats un grand retentissement médiatique, bien que l'Etat n'accorde que 1,7% des délégués pour l'investiture. Les démocrates voteront aussi pour départager Hillary Clinton et Bernie Sanders.

Dans les sondages concernant cet Etat, le sénateur ultra-conservateur du Texas Ted Cruz devance Donald Trump avec 40% des intentions de voix contre 35%, selon la moyenne des récents sondages. John Kasich, gouverneur de l'Ohio, est à 18%. En meetings lundi, le milliardaire a appelé John Kasich à se retirer, et a à nouveau éreinté "Ted le menteur". "Je pourrais avoir l'air plus présidentiel, mais si je le faisais, seuls 20% d'entre vous seriez ici, car ce serait ennuyeux à mourir", a-t-il dit à ses partisans. 

Bataille de délégués

Les caciques républicains soutiennent pour l'occasion Ted Cruz, le héros du Tea Party qui a construit toute sa campagne sur le rejet des élites. "Nous enchaînons les victoires", a dit Ted Cruz lundi. En fait, il a remporté huit consultations et 466 délégués, contre 20 Etats et 739 délégués gagnés par Donald Trump (John Kasich en a 145). Pour empocher l'investiture, il leur faudra 1.237 délégués, un chiffre que seul Trump est en position d'atteindre.

Le promoteur immobilier peut se rassurer en contemplant sa cote à New York, qui votera le 19 avril, et où il recueille plus de 50% des intentions de vote, et en Pennsylvanie (26 avril).

L'enjeu du Wisconsin est de légitimer le maintien en course de Ted Cruz. "Pour Cruz, une victoire serait importante, mais pour Trump, une défaite ne serait pas critique", estime Timothy Hagle, professeur de sciences politiques dans l'Iowa voisin, interrogé par l'AFP. "La seule chose qui compte, c'est de savoir si Trump arrivera à 1.237 délégués", répète Larry Sabato. "S'il y arrive, il gagne. Sinon, il y aura plusieurs tours de scrutins à la convention, et tout peut arriver".

Vers une convention républicaine ouverte?

Les délégués de la convention nationale de Cleveland, en juillet, seront en effet libres de voter selon leur conscience lors d'un éventuel deuxième ou troisième tour de scrutin, si Donald Trump ne parvenait pas à arriver avec la majorité absolue des délégués.

Les équipes des candidats s'activent donc au niveau des Etats pour que leurs partisans soient sélectionnés individuellement comme délégués. Ted Cruz semble le mieux organisé, comme la convention du Dakota du Nord l'a démontré dimanche: 18 des 25 délégués sélectionnés penchent pour lui.

Retard de Sanders

Hillary Clinton semblait quant à elle avoir abandonné tout espoir de gagner le Wisconsin: elle a passé dimanche et lundi matin à New York, ne revenant que lundi soir dans l'Etat, laissant le champ libre au sénateur du Vermont, Bernie Sanders.

"Entre nous, je ne veux pas affoler Hillary Clinton plus qu'elle ne l'est déjà, elle a suffisamment de pression comme ça", s'est-il amusé à dire à ses partisans lundi à Janesville. "Mais si nous gagnons ici et à New York, nous serons sur la voie de la Maison Blanche".

Bernie Sanders a encore une fois en mars levé énormément d'argent: 44 millions de dollars contre 29,5 millions pour Hillary Clinton, signe de l'engouement populaire pour le socialiste démocrate. Mais pour combler son déficit de délégués, il lui faudra gagner au moins 60% des délégués restant en jeu.

A.S. avec AFP