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Quand un ouragan amène Barack Obama à narguer George W. Bush

Mitt Romney (G) et Barack Obama lors du second débat avant l'élection présidentielle américaine

Mitt Romney (G) et Barack Obama lors du second débat avant l'élection présidentielle américaine - -

L'ouragan Sandy va-t-il peser sur l'élection américaine ? Si oui, quel candidat va-t-il favoriser : Mitt Romney ou Barack Obama?

L'ouragan Sandy, invité surprise de l'élection américaine ? Alors que la côte Est des Etats-Unis se prépare au pire, le passage de l'ouragan Sandy, et de ses possibles dégâts, va-t-il peser sur l'élection présidentielle américaine ? Eléménts de réponse avec Harold Hyman.

Sandy aide plutôt Obama

Avant que Sandy frappe, le vote par anticipation avait débuté dans une trentaine d'États. Ce phénomène donne lieu à davantage de votes démocrates que républicains. C'est le premier bon point pour Obama, électoralement parlant.

Ensuite, Obama a interrompu sa campagne pour rejoindre la Maison-Blanche et s'adresser, en 5 minutes à la nation. Sa réactivité, et l'impression qu'il donnait d'avoir cessé de faire campagne pratiquement par patriotisme, tout cela relève de la gestion d'image normale.

Obama remet le gouvernement fédéral au centre de l'action

Mais il y a un niveau subliminal ! Obama a montré que le gouvernement fédéral servait vraiment à quelque chose de positif et de viril, autre que le pur militaire. Il a montré cela sans pour autant écraser les États fédérés, ni les autorités locales. "J'ai parlé aux gouverneurs et aux élus locaux... Respectez leurs directives."

Ce subtil mélange de paternalisme et de respect des autorités locales -thématique obsessionnelle dans l'identité politique américaine-, s'agrémente d'un aspect encore plus subtil: Obama a vanté les mérites de la FEMA.

Il s'agit de la Federal Emergency Management Agency, agence fédérale de gestion de crise. Très critiquée par George W. Bush bien avant la survenue, en août 2005, de l'ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans. Lors de la débâcle Katrina, la FEMA devint le dindon de tous. Les anti-Bush dénoncèrent son impréparation, les pro-Bush aussi! Les connaisseurs firent remarquer que cette agence, noble institution de protection civile face aux désastres, avait été affaiblie depuis bien longtemps, et que Bush avait continué à l'amoindrir.

C'est pourquoi, sans doute, Obama en parla 3 ou 4 fois lors de son intervention du 29 octobre, et que depuis des jours déjà il s'était rendu dans le QG de l'agence, et avait posé pour les caméras avec son directeur.

Romney obligé de se dédire

Mitt Romney, lui, avait dit en 2011, lors d'un débat télévisé, qu'il en finirait avec la FEMA, et dévoluerait ses attributions aux États -- toujours cette tendance républicaine de diminuer l'État fédéral "socialisant" selon l'aile droite.

Aujourd'hui, personne n'imagine une seule seconde se passer de la FEMA, et voici que la campagne de Romney annonce que le candidat "n'abolirait pas" l'agence si élu.

Peut-être que pour faire amende honorable, Romney annonce que si sa campagne s'arrêtera dans les zones sinistrées, ses militants pourront participer aux opérations humanitaires. Un précédent pour l'Amérique, mais si jamais cela se réalisait, alors Romney aurait démontré que les appareils politiques peuvent parfois servir le peuple directement.

Harold Hyman et journaliste spécialiste de géopolitique