BFMTV

Ouragan Sandy : quel impact sur l’élection américaine ?

Dans certains Etats, le vote anticipé a déjà commencé et pourrait être perturbé par Sandy. Ici, dans l'Illinois.

Dans certains Etats, le vote anticipé a déjà commencé et pourrait être perturbé par Sandy. Ici, dans l'Illinois. - -

Alors que Sandy se rapproche d’heure en heure de la côte Est des Etats-Unis, la question de son impact sur l’élection présidentielle américaine, dont l’échéance approche aussi, se pose de plus en plus.

L'ouragan Sandy pourrait-il perturber l’élection présidentielle américaine, qui se tient la semaine prochaine ? Imprévu à l’agenda de la campagne, l’ouragan pourrait coûter cher aux candidats à la Maison Blanche.

Notamment à Barack Obama, forcé de jongler entre ses habits de président et de candidat, entre gestion de crise et échéance électorale cruciale. Décryptage.

Agenda bousculé

Côté calendrier, Barack Obama et Mitt Romney ne cessent d’annuler meetings et déplacements. Ainsi, le candidat démocrate devait se rendre lundi à Youngstown, dans l’Ohio, avec Bill Clinton. Mais c’est finalement son colistier, Joe Biden, qui a fait le déplacement. Sa venue à Prince William County, en Virginie, est annulée, tout comme son déplacement en Floride, également prévu lundi.

De son côté, Mitt Romney a été forcé d’annuler une réunion publique programmée en Virginie, dimanche. Quant à son meeting dans le New Hampshire, mardi, il est lui aussi suspendu, "par respect pour tous les millions d’Américains" menacés par Sandy. "Le gouverneur Romney estime que c'est un moment de rassemblement pour le pays et ses dirigeants de façon à venir en aide aux Américains qui sont menacés", a annoncé Gail Gitcho, son porte-parole, dans un communiqué. En revanche, le candidat républicain a maintenu une réunion électorale prévue lundi dans l’Ohio et un second déplacement, le même jour, dans l’Iowa.

Ce maintien de dates de campagne contraste avec la décision de Barack Obama de rentrer à Washington afin d’exercer son rôle de président en exercice à 100% et représente un vrai risque politique pour Mitt Romney, à quelques jours du scrutin.

Obama en première ligne

En effet, Barack Obama a clairement fait le choix de mettre sa campagne entre parenthèses pour assumer son rôle de président. De retour à Washington, il a organisé une réunion de crise, lundi, à la Maison Blanche, à l’issue de laquelle il est intervenu en direct à la télévision, appelant les Américains à accepter les évacuations. "Ecoutez les autorités locales quand elles vous disent d'évacuer, vous devez évacuer. Sans retard. Ne réfléchissez pas. Ne discutez pas les instructions que l'on vous donne", a –t-il ainsi déclaré, assurant ne pas être préoccupé, dans l’immédiat, par les conséquences potentielles de l’ouragan sur l’élection.

Pour François Durpaire, spécialiste des Etats-Unis, invité sur BFMTV, cette situation de crise est favorable à Obama, qui, malgré une campagne mise de côté, a un rôle majeur à jouer, contrairement à Mitt Romney, qui ne pourra qu’exploiter une éventuelle erreur de son rival.

Le président-candidat doit, en revanche, faire très attention à sa gestion de la crise. Le spectre de l’ouragan Katrina en 2005 et la gestion désastreuse qui en avait été faite par George W. Bush, dont la popularité avait fortement chuté suite à cet événement, marque toujours les esprits. Selon François Durpaire, Barack Obama a donc volontairement employé un ton dramatique et rassurant – rappelant l’unité du peuple américain face à la crise - dans son allocution télévisée de ce lundi, montrant ainsi qu’il mesure toute la gravité de la situation et que les cartes sont entre ses mains.

Trois Swing States menacés

Trois Etats qui doivent être touchés par Sandy dans les heures à venir inquiètent particulièrement les deux candidats. Et pour cause : la Caroline du Nord, la Virginie et le New Hampshire font partie des fameux Swing States, ces Etats dont l’orientation politique reste incertaine et qui peuvent basculer en faveur du camp démocrate comme du camp républicain.

L’impact de Sandy dans ces zones, où le vote anticipé a déjà débuté, pourrait donc avoir des conséquences sur l’échéance électorale à venir. Coupures d’électricité, faible participation : le vote anticipé n’est pas à l’abri de perturbations, ce qui pourrait porter préjudice aux démocrates, à qui cette pratique est traditionnellement favorable.

Adrienne Sigel