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Le Mexique craint l'ouragan Donald Trump

Des unes de journaux à Mexico au lendemain de l'élection de Trump

Des unes de journaux à Mexico au lendemain de l'élection de Trump - YURI CORTEZ / AFP

De l'autre côté de la frontière américaine, les Mexicains n'ont pas caché leur inquiétude après l'élection de Donald Trump.

"Se battre" contre le Mexique. Le 30 juin 2015, Donald Trump assurait : "J'adore les Mexicains, mais le Mexique n'est pas notre ami. Ils nous tuent à la frontière et ils nous tuent sur l'emploi et le commerce". Ou encore "Quand le Mexique nous envoie ses gens, il n'envoie pas les meilleurs éléments (...). Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs". Tout au long de sa campagne, le 45e président des Etats-Unis n'a jamais ménagé le peuple mexicain.

Choc et inquiétude

Mardi, après l'élection de Donald Trump, certains ne pouvaient dissimuler leur inquiétude. "Même ce matin les sondages donnaient Hillary vainqueur", regrette une jeune femme; "ce qui m'inquiète, c'est que ça place le Mexique dans une situation délicate car notre économie dépend des Etats-Unis", commente un homme qui suivait les résultats dans un bar. 

En 2015, les échanges entre les deux pays ont atteint les 531 milliards de dollars et 80% des exportations mexicaines vont vers les Etats-Unis. Résultat: dans la foulée de l'annonce de l'élection de Trump la bourse mexicaine a plongé de 2,23% et le peso a chuté de 7,18% à la clôture.

Lutte contre l'immigration

Mais l'économie n'est pas le seul cheval de bataille de Donald Trump face au Mexique. Il l'a répété pendant la campagne: dès "le premier jour de sa présidence", le chef de l'Etat commencera la construction d'un vaste mur le long des 3.100 km de la frontière. Un mur qu'il compte faire payer au Mexique. Hors de question de payer pour le pays: la ministre des Affaires étrangères Claudia Ruiz Massieu avait déclaré sur la chaîne Televisa que "payer un mur n'était pas envisagé".

D'après Donald Trump, l'immigration mexicaine est dangereuse pour les Etats-Unis, il faut la contrôler et expulser les 11 millions de clandestins et les mettre en prison si les expulsés reviennent aux Etats-Unis.

Le président mexicain Enrique Peña Nieto s'est pourtant dit "optimiste" mardi:

"Il est clair qu'une nouvelle étape s'ouvre avec l'arrivée d'un gouvernement mais je crois aussi qu'il y a une grande opportunité" pour le développement des relations entre les deux pays.

Donald Trump s'est également engagé à renégocier l'accord de libre échange nord-américain (Alena), trop favorable à ses yeux au voisin du sud.

"Rien de positif" à attendre

De 2009 à 2014, 870.000 Mexicains ont émigré aux Etats-Unis, dans le même temps un million ont quitté le pays, rappelait Slate, citant une étude du Pew Resarch Center.

Dans son éditorial de mercredi, El Universal regrette: "Le peuple américain a choisi le chemin du racisme, de la haine et de l'intolérance (...). Rien de positif ne peut être espéré pendant l'administration Trump pour les millions de camarades qui vivent au Mexique".

M.L.