BFMTV

États-Unis: un soldat prisonnier en Afghanistan inculpé pour désertion

 Un soldat américain dans la province de Kandahar au sud de l'Afghanistan en septembre 2012.

Un soldat américain dans la province de Kandahar au sud de l'Afghanistan en septembre 2012. - Tony Karumba - AFP

Un soldat américain qui avait été fait prisonnier en Afghanistan a été inculpé pour désertion et "mauvaise conduite face à l'ennemi". Il risque la prison à vie.

Aux Etats-Unis, on ne plaisante pas avec la désertion. Bowe Bergdahl, un soldat américain de 28 ans, retenu pendant cinq ans en Afghanistan, a été inculpé pour désertion et "mauvaise conduite face à l'ennemi", a annoncé l'armée américaine. Le jeune homme avait été libéré l'an dernier en échange de cinq talibans détenus dans la prison militaire américaine de Guantanamo, sur l'île de Cuba.

Bowe Bergdahl a été inculpé de "désertion avec intention de s'exonérer d'un devoir important ou dangereux, et de mauvaise conduite devant l'ennemi en mettant en danger la sécurité d'un commandement, d'une unité ou d'un lieu", a précisé le colonel Daniel King. 

Certaines désertions passibles de peine de mort 

Le soldat devrait comparaître en audience préliminaire à la base de Fort Sam Houston, au Texas, afin que le tribunal détermine s'il dispose de suffisamment de preuves pour qu'il soit jugé en cour martiale.

Bowe Bergdahl risque au maximum la prison à vie pour la deuxième charge de "mauvaise conduite devant l'ennemi". Certaines désertions sont punies par la peine de mort mais cette désertion "avec intention de s'exonérer d'un devoir important ou dangereux" vaudrait à Bowe Bergdahl un maximum de cinq ans d'emprisonnement, a précisé le colonel. Dans les deux cas, il risque d'être renvoyé de l'armée et de perdre son salaire.

D'après la loi militaire, les procureurs chercheront à prouver que Bowe Bergdahl avait le devoir de défendre une unité ou un lieu et a mis en danger ses camarades en manquant de le remplir.

Des juristes prédisent qu'un accord amiable pourrait être conclu avant le début du procès, qui s'avérerait embarrassant pour les deux parties car il révélerait des détails de l'échange avec les talibans.

Un sujet sensible pour l'administration Obama

Seul Américain en uniforme à être capturé par des rebelles lors de la guerre en Afghanistan, il avait été détenu par des membres du réseau Haqqani, liés aux talibans, après avoir été porté disparu de son poste dans l'est de l'Afghanistan, près de la frontière pakistanaise, le 30 juin 2009.

Le sujet est extrêmement sensible pour l'administration Obama, qui avait été accusée par les conservateurs d'avoir contourné le Congrès pour procéder à cet échange, et d'avoir fait une concession trop grande aux talibans pour obtenir la libération du soldat, capturé dans des conditions peu claires. Une enquête avait été lancée pour déterminer les circonstances de son enlèvement. Certains l'avaient accusé de désertion.

Les talibans libérés lors de cet échange avaient été transférés au Qatar. Mais l'un d'entre eux a tenté de reprendre contact avec les rebelles qui combattent le régime de Kaboul, selon le Pentagone. Certains soldats qui étaient en poste avec lui ont affirmé qu'il avait quitté son unité volontairement, mettant en danger les soldats partis à sa recherche.

L'avocat de Bowe Bergdahl soutient que son client était fier de porter l'uniforme mais qu'il est devenu un bouc émissaire des opposants à la fermeture de Guantanamo.

M.G. avec AFP