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Etats-Unis: peut-on mettre un symbole raciste sur sa plaque d'immatriculation?

Le drapeau confédéré est au coeur d'une polémique aux Etats-Unis.

Le drapeau confédéré est au coeur d'une polémique aux Etats-Unis. - Wikimedia CC - Donald Lee Pardue

Au nom de la sacro-sainte liberté d'expression, un Texan souhaite faire figurer sur sa plaque d'immatriculation le drapeau confédéré, aussi symbole de racisme et d'esclavage pour de nombreux Américains. L'affaire est remontée jusqu'à la Cour suprême des Etats-Unis, qui se penche dessus ce lundi.

Aux Etats-Unis, tout automobiliste a le droit de personnaliser sa plaque minéralogique avec son prénom, un gros mot, un drapeau, une revendication ou un message de son choix pourvu qu'il paye un supplément à l'Etat où il réside. Un Américain a ainsi demandé à l'Etat du Texas à faire figurer le drapeau confédéré sur la plaque minéralogique de sa voiture, au nom de la liberté d'expression. Problème: ce drapeau est un symbole de racisme et d'esclavage pour de nombreux Américains.

Le Texas vs le Premier amendement

Une requête refusée par l'Etat du Texas. "Le message qui apparaît sur les plaques minéralogiques éditées par l'Etat est le fruit de la liberté d'expression du gouvernement", estime-t-il dans son argumentaire à la Cour suprême des Etats-Unis, qui doit désormais se pencher sur l'affaire, ce lundi.

Une cour d'appel avait donné raison à l'association "Sons of Confederate Veterans", pour qui cette plaque visait simplement à honorer l'histoire du pays, et avait défendu l'idée que c'est à l'automobiliste de décider s'il veut ou non afficher ce symbole. Elle avait conclu que le service texan des véhicules motorisés (MVA) était coupable de discrimination envers les "Sons of Confederate Veterans". 

La Cour suprême, plus haute juridiction du pays, devra donc déterminer si les plaques minéralogiques sont propriété du gouvernement ou de l'automobiliste qui les accroche à son véhicule. Et donc si elles sont le support de la liberté d'expression, le fameux Premier amendement de la Constitution américaine, de l'Etat ou d'un individu. La Cour devait consacrer une heure d'audience à cette affaire lundi, mais sa décision ne sera pas rendue avant juin.