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De Selma à Cuba, Obama en cinq discours marquants

Barack Obama donne un discours historique à La Havane, le 22 mars 2016.

Barack Obama donne un discours historique à La Havane, le 22 mars 2016. - Nicholas Kamm - AFP

GOODBYE OBAMA 2/5 - Le second mandat de Barack Obama, qui s'achèvera dans quelques mois, a été ponctué de discours forts sur la question de la justice et des droits humains. Du discours de Selma à celui de La Havane, en passant par la porte de Brandebourg, retour sur cinq allocutions marquantes du presque ex-président américain.

En janvier prochain, il transmettra officiellement le flambeau à son successeur, dont le nom sera connu au mois de novembre. Après huit ans passés à la Maison Blanche, Barack Obama s'apprête à quitter la présidence des Etats-Unis. Si son image très entretenue de chef d'Etat réfléchi et décontracté a contribué à façonner son personnage, populaire au niveau mondial, l'ancien sénateur de l'Illinois n'aura pas réussi à mettre en place toutes les réformes qu'il aurait souhaitées.

Mais quelques années après le fameux "Yes we can", martelé durant sa première campagne présidentielle, le second mandat de Barack Obama a été marqué par plusieurs discours majeurs, désormais inscrits dans l'histoire des Etats-Unis. Retour sur quelques-unes de ses allocutions les plus marquantes.

> Juin 2013: marquer l'histoire à Berlin

Cinquante ans presque jour pour jour après John Kennedy, Barack Obama laissé sa trace, porte de Brandebourg. Le 19 juin 2013, Barack Obama prononce un discours qu'il voulait historique, au coeur de la capitale allemande. "'Ich bin ein Berliner' résonne à travers les âges", commence-t-il, avant de lancer un grand appel à l'égalité et à la paix, et de plaider pour un désarmement nucléaire, afin de tourner la page de la Guerre froide de façon définitive. 

"Le mur appartient à l'histoire. C’est à nous à présent de construire l'histoire. [...] C’est l’esprit de Berlin, et le plus grand hommage que nous puissions rendre à nos prédécesseurs est de poursuivre leur lutte pour la paix et la justice non seulement dans nos pays, mais pour toute l'humanité", déclare ainsi Barack Obama, en guise de conclusion d'un long discours d'une trentaine de minutes en plein soleil, qui aura poussé le président américain à tomber la veste dès les premiers instants. 

> Mars 2015: un discours fort sur les droits civiques, à Selma 

Un demi-siècle après la répression brutale d'une marche pour les droits civiques entrée dans l'histoire, Barack Obama appelle le 7 mars 2015 à Selma, dans l'Alabama, face à des milliers de personnes, à poursuivre la lutte contre la discrimination raciale aux Etats-Unis, au cours d'un discours salué comme l'un des plus marquants de sa présidence.

Soulignant les progrès accomplis en matière d'égalité, le président américain appelle toutefois à refuser le raisonnement consistant à suggérer que le racisme a disparu aux Etats-Unis. "Il nous suffit d'ouvrir nos yeux, nos oreilles et nos cœurs pour savoir que l'ombre de l'histoire raciale de ce pays plane toujours sur nous", lance Barack Obama face à une foule de 40.000 personnes.

> Juin 2015: l'hommage vibrant aux victimes de Charleston

C'est sans conteste l'image marquante et symbolique du passage de Barack Obama à la Maison Blanche, tant elle illustre des dossiers qu'il a échoué à faire évoluer. Le 17 juin 2015, huit fidèles et le pasteur d'une église fréquentée par la communauté noire de Charleston, en Caroline du Sud, sont tués par Dylann Roof, un suprématiste blanc. Neuf jours plus tard, Barack Obama prononce un éloge funèbre en leur honneur, dans le grand hall de l'université de la ville.

Après avoir dénoncé le chaos créé par les armes à feu dans le pays et apporté son soutien à la communauté afro-américaine, le président américain entonne Amazing Grace, un chant chrétien hautement symbolique repris dans les églises noires, surprenant l'ensemble de l'auditoire réuni en communion. Avant que les images de cet instant suspendu ne fassent le tour du monde en quelques heures, grâce à la puissance des réseaux sociaux. 

> Mars 2016: un pas en avant historique à Cuba

La visite était déjà, en soi, un événement. Le 20 mars, l'Air Force One du président américain se pose sur le tarmac de l'aéroport de La Havane. Une première depuis 88 ans, qui vise à sceller le processus de rapprochement diplomatique entre les Etats-Unis et Cuba, impulsé par Barack Obama et Raul Castro.

Au-delà de l'image, hautement symbolique, d'un président américain arpentant les rues de la capitale cubaine un peu plus de 50 ans après la crise des missiles, les mots prononcés par Barack Obama lors de son discours retransmis en direct à la télévision nationale font mouche. "Le futur de Cuba doit être entre les mains des Cubains", plaide le président des Etats-Unis en espagnol, sous le regard de Raul Castro. "Je pense que les citoyens devraient être libres d’exprimer leurs opinions sans peur, de critiquer leur gouvernement, de manifester de manière pacifique, de pouvoir choisir leur gouvernement lors d’élections libres et démocratiques", martèle Barack Obama, qui a également rencontré des dissidents lors de son passage sur l'île.

En mettant ainsi en avant les droits humains dans un pays où la répression des opposants reste brutale, le président américain inscrit définitivement sa visite dans les manuels d'histoire. Pour le réchauffement total des relations entre La Havane et Washington, il faudra cependant attendre: une semaine plus tard, l'ex-lider maximo Fidel Castro critique le "discours mielleux" d'Obama. 

> Mai 2016: un appel à la fin de l'armement nucléaire, depuis Hiroshima

Il est le premier président américain en exercice à s'être rendu à Hiroshima, depuis que cette ville du Japon a été frappée par la bombe atomique, le 6 août 1945. Le 27 mai dernier, Barack Obama y lance un message de paix et appelle à la fin de l'armement nucléaire.

"Pourquoi suis-je ici?", interroge-t-il durant son discours. "Pour réfléchir sur pourquoi des femmes et des enfants, des Américains, des Coréens et des Japonais ont péri. (…) Nous devons faire face à l’histoire. Il y a 71 ans, la mort est tombée du ciel et le monde a changé. Hiroshima nous a appris la vérité sur la science, qui peut devenir un outil de massacre", dénonce-t-il. Malgré son geste historique, largement salué au Japon, le président américain ne formule pas d'excuses ni de regrets.

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