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Affrontement Obama-Netanyahu sur le nucléaire iranien

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Barack Obama à Washington en octobre 2014

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Barack Obama à Washington en octobre 2014 - JIM WATSON - AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu va défier mardi le président américain Barack Obama en dénonçant devant le Congrès des Etats-Unis l'accord sur le nucléaire iranien que Washington veut conclure avec Téhéran à la fin du mois, et pour lequel les émissaires des deux pays - John Kerry et Mohammad Zarif - se rencontrent en Suisse.

Barack Obama a répété mardi que l'Iran devait s'engager à geler ses activités nucléaires pendant au moins dix ans, et de façon vérifiable, pour qu'un accord définitif soit conclu sur la question de son programme nucléaire. Justement, Washington et Téhéran négocient en ce moment en Suisse, dans l'espoir de parvenir à la fin du mois de mars à un règlement définitif du programme controversé de la République islamique.

Au même moment, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en campagne pour des législatives en Israël, va défier le président américain ce mardi, en allant dénoncer devant le Congrès des Etats-Unis ce possible accord, dans un discours solennel au Capitole, à Washington. 

"Si, véritablement, l'Iran accepte de geler son programme là où il en est pendant au moins dix ans(...), si nous obtenons cela, ainsi que des moyens de le vérifier, aucune autre mesure que nous pourrions prendre ne nous donnera mieux la garantie qu'ils n'ont pas l'arme nucléaire", a pour sa part affirmé Barack Obama à l'agence Reuters, avant d'admettre un "désaccord marqué" entre l'administration américaine et le gouvernement israélien sur le moyen d'atteindre l'objectif, partagé, d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Néanmoins les deux hommes ne se rencontreront pas. "Ce n'est pas une question personnelle", a assuré le président américain.

La "mission historique" de Netanyahu

Pourtant, cette "mission historique" à Washington de Benjamin Netanyahu, qui se présente comme "l'envoyé (...) de l'ensemble du peuple juif", a provoqué un sérieux coup de froid avec l'allié américain. Lundi, devant 16.000 délégués du groupe de pression américain pro-israélien Aipac, le Premier ministre a déjà torpillé l'accord que le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran s'efforcent de conclure d'ici au 31 mars. Cela "pourrait menacer la survie d'Israël", a-t-il tonné.

Barack Obama a accusé Benjamin Netanyahu de s'être trompé par le passé sur le bien-fondé de l'accord définitif que le 5+1 tente de sceller avec Téhéran. "M. Netanyahu a fait toutes sortes de déclarations", a regretté le locataire de Maison Blanche. "Cela allait être un très mauvais accord. Cela allait permettre à l'Iran de récupérer 50 milliards de dollars. L'Iran ne respecterait pas l'accord. Rien de cela ne s'est vérifié", a-t-il dénoncé.

A la tribune du Congrès, où il s'exprimera pour la troisième fois, devant nombre d'élus républicains et démocrates hostiles à l'Iran, Benjamin Netanyahu va une nouvelle fois exhorter le monde à empêcher la puissance chiite de pouvoir fabriquer un jour la bombe atomique. Et tant pis les relations avec les Etats-Unis s'en trouvent rafraîchies: le Premier ministre en campagne assure que "l'amitié entre l'Amérique et Israël s'est renforcée décennie après décennie. (...) Elle résistera aux désaccords du moment".

S.A. avec agences