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États-Unis: les migrants priés de payer les tests ADN pour être réunis avec leurs enfants

Une mère et sa fille, originaires du Honduras, à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, le 12 juin 2018.

Une mère et sa fille, originaires du Honduras, à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, le 12 juin 2018. - John Moore - Getty - AFP

Alors que le gouvernement a mis en place un système de tests ADN pour réunir les enfants migrants et leurs parents séparés à la frontière, il aurait également demandé aux familles de payer ces fameux tests, très onéreux.

Le gouvernement Trump n'épargne décidément rien aux familles de migrants. Face au tollé international provoqué par le durcissement de la politique migratoire américaine, dans le cadre de laquelle près de 3000 enfants migrants ont été séparés de leurs parents à la frontière, l'administration américaine s'était engagée à réunir en urgence une centaine de mineurs de moins de cinq ans et leurs familles avant le 10 juillet. Pour ce faire, le gouvernement avait reconnu la semaine dernière recourir à des tests ADN afin de remplir cet objectif au plus vite.

"Aucune d'entre elle n'a l'argent pour payer les tests"

L'administration Trump avait choisi de procéder à ces tests en raison du fait que de nombreux enfants avaient été retirés dans la précipitation à leurs parents, souvent sans porter de document permettant de justifier leur identité. Ces tests ADN ont été commandés par le département de la Santé auprès d'une entreprise privée.

Mais selon le site Daily Beast, le gouvernement aurait imposé à plusieurs femmes de payer ces tests ADN, pour avoir l'espoir d'être réunies avec leurs enfants. "Aucune d'entre elle n'a l'argent pour payer les tests", a déploré Ruben Garcia, le directeur d'un refuge pour migrants situé à El Paso, à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Des tests très onéreux

Une pratique confirmée par une avocate des migrants, Iliana Holguin, également basée à El Paso. Elle affirme que le gouvernement a demandé à certaines de ses clientes de payer des sommes allant de 700 à 800 dollars (soit entre 600 et 700 euros) pour la réalisation de ces tests ADN. Une somme que la plupart des migrants entrant aux États-Unis ne possèdent pas.

"Le gouvernement veut que les parents payent la facture des tests ADN alors qu'ils sont les responsables de ce besoin de tests ADN", dénonce l'avocate auprès du Daily Beast. 

Et les défenseurs des droits des migrants de rappeler que dans la majorité des cas, les papiers permettant de prouver le lien entre les parents et les enfants ont été gardés par les services aux frontières, au moment de la séparation, pour les placer dans leurs fichiers.

Nouveau tollé

La semaine dernière, la révélation de la mise en place de ces tests ADN avait provoqué l'indignation des associations de défense des migrants, qui avaient pointé du doigt une nouvelle preuve de la gestion chaotique de la crise migratoire par l'administration Trump, et une tentative vaine de calmer le tollé après avoir prôné la "tolérance zéro". 

De son côté, le gouvernement américain a assuré avoir recours au test ADN en raison de sa fiabilité et sa rapidité, et uniquement lorsque les documents d'identification sont manquants ou incomplets. Pour l'heure, seuls 500 mineurs ont été rendus à leurs parents.

A.S.