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États-Unis: les hommes devront-ils demander l'autorisation à leur femme avant d'acheter du Viagra?

Des pilules de Viagra, du laboratoire Pfizer (illustration).

Des pilules de Viagra, du laboratoire Pfizer (illustration). - HO - AFP

Excédée par la législation anti-avortement de plus en plus contraignante, une députée du Kentucky riposte. Elle a proposé une loi obligeant les hommes à demander l'autorisation de leur épouse pour acheter des médicaments contre les troubles de l'érection.

Deux rendez-vous chez le médecin au minimum, une autorisation écrite de leur épouse, et un serment sur la Bible de n'utiliser ces médicaments qu'avec l'épouse en question. Voilà les conditions requises par une proposition de loi de l'état du Kentucky, aux États-Unis, pour se faire prescrire des médicaments contre les troubles de l'érection tels que le Viagra, le Cialis, le Levitra ou encore l'Avanafil.

Réplique aux lois anti-avortement

Tiré par les cheveux? Pas vraiment, selon la représentante démocrate Mary Lou Marzian, qui a proposé cette loi. Si cette infirmière avoue dans le Courier Journal que l'idée est une provocation, il s'agit avant tout de répliquer à la législation anti-avortement dans son état du Kentucky. La semaine dernière, encore, était votée une loi obligeant les femmes qui souhaitent avorter à consulter un médecin au moins 24 heures avant.

"Ils me fatiguent... J'en ai assez que 80 hommes disent aux femmes ce qu'elles doivent faire", se justifie Mary Lou Marzian à l'Insider Louisville. Au-delà d'une ingérence des politiques dans la vie des femmes, elle dénonce également leur volonté de contrôler la vie de chacun. "Il s'agit aussi de montrer qu'il est ridicule que des élus s'immiscent dans des décisions médicales privées."

Peu de chances d'être votée

Si la représentante espère que ses collègues de sexe féminin se joindront à sa proposition, elle reconnaît que celle-ci a peu de chance d'être votée. Elle annonce toutefois qu'elle est prête à continuer son combat, puisque pas moins de sept lois anti-avortement vont bientôt être débattues à la chambre des représentants du Kentucky. Pourquoi pas une loi punissant les relations sexuelles non protégées, par exemple?

Quitte à filer la métaphore, elle prépare également un amendement pour obliger ceux qui veulent acheter une arme à discuter avec des victimes de fusillades auparavant. "Peut-être que cela en réveillera certains dans cet état, et qu'ils se demanderont "Une minute, où est-ce qu'ils veulent en venir avec sept lois contre l'avortement?", espère l'infirmière.

H. M.