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Etats-Unis: Joe Biden dément les accusations d'agression sexuelle d'une ancienne collaboratrice

Joe Biden à Philadelphie.

Joe Biden à Philadelphie. - MANDEL NGAN / AFP

Tara Reade, 56 ans, accuse Joe Biden, 77 ans, de l'avoir agressée sexuellement dans un couloir du Congrès américain, lorsqu'il était sénateur.

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a démenti officiellement ce vendredi les accusations d'agression sexuelle d'une ancienne collaboratrice remontant aux années 1990. 

Interviewé sur la chaîne MSNBC, il a largement démenti ces accusations. "Ce n'est pas vrai. Ce n'est jamais, jamais arrivé", a-t-il affirmé.

Une affaire remontant aux années 1990

Tara Reade, 56 ans, accuse Joe Biden, 77 ans, de l'avoir agressée sexuellement dans un couloir du Congrès américain, lorsqu'il était sénateur. 

Joe Biden a fermement démenti, à travers sa porte-parole, à la mi-avril mais gardait depuis le silence sur le sujet. Pour prouver son innocence, le candidat à la Maison Blanche a appelé ce vendredi le Sénat à chercher dans les archives une plainte qui aurait été déposée à l’époque mais que personne n’a jamais vue. 

L’accusatrice de Joe Biden affirme en effet qu'elle "s'est plainte à l’époque auprès du bureau de Biden or personne ne se souvient de rien", explique notre correspondant sur place, Jean-Bernard Cadier. 

Cet argument pourrait néanmoins se retourner contre lui: "En 2018, pendant l’affaire Kavanaugh, Joe Biden avait dit que dans ces circonstances il fallait croire les femmes "même si elles oublient certains faits, même si les faits sont déformés avec le temps", rappelle-t-il.

Donald Trump, lui-même visé ces dernières années par plusieurs accusations de harcèlement et agressions sexuelles, avait affirmé jeudi avoir été "faussement accusé de nombreuses fois". "Il pourrait s'agir de fausses accusations", avait-t-il déclaré à propos de celle visant son rival démocrate, l'invitant à y répondre. 

Biden rappelle son bilan dans la lutte contre les agressions sexuelles

L'ancien bras droit de Barack Obama avait rappelé, mercredi soir, son engagement dans la lutte contre les violences faites aux femmes et les agressions sexuelles.

L'affaire assourdit depuis plusieurs jours toutes ses autres annonces, comme le lancement, ce jeudi, de l'équipe qui l'aidera à choisir la femme qui deviendrait, en cas de victoire, la première vice-présidente des Etats-Unis. 

Parmi les grands noms qui circulent: les sénatrices Kamala Harris et Amy Klobuchar, Stacey Abrams, qui avait tenté en 2018 de devenir la première femme gouverneure noire des Etats-Unis, ou encore la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer.

Elles ont pour l'instant évité d'appeler Joe Biden à s'expliquer sur les accusations de Tara Reade. Et certaines alliées l'ont défendu. "Je connais Joe Biden et je pense qu'il dit la vérité et que cela n'est pas arrivé", a déclaré Stacey Abrams.

Soutien de Nancy Pelosi

La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, qui lui a déclaré son soutien cette semaine, a affirmé son "respect total" pour le mouvement #MeToo. Mais "il y a aussi la présomption d'innocence", a-t-elle ajouté.

Joe Biden "est une personne très intègre (...). Il est l'auteur de la loi contre les violences faites aux femmes" adoptée en 1994, a-t-elle déclaré. 

Certains accusent Nancy Pelosi ainsi que les colistières potentielles de Joe Biden d'hypocrisie, puisqu'elles avaient déclaré croire la femme qui avait accusé d'agression sexuelle le juge conservateur Brett Kavanaugh, en plein processus de confirmation pour un siège à la Cour suprême. Nancy Pelosi l'avait fait après la longue audition, sous serment, de Christine Blasey Ford au Congrès en 2018. 

Cy.C avec AFP