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Barcelone: Felipe VI et Mariano Rajoy hués à leur arrivée à la manifestation

Felipe VI et Mariano Rajoy lors de la manifestation contre le terrorisme, à Barcelone.

Felipe VI et Mariano Rajoy lors de la manifestation contre le terrorisme, à Barcelone. - Lluis Gene - AFP

Le roi Felipe VI et Mariano Rajoy, qui étaient présents à la manifestation organisée ce samedi à Barcelone, neuf jours après les attentats, ont été copieusement hués à leur arrivée sur les lieux. Les manifestants leur reprochaient notamment une récupération politique des attaques.

Une manifestation de grande ampleur se tenait ce samedi à Barcelone, neuf jours après les attentats qui ont endeuillé la Catalogne. Des dizaines de milliers d'Espagnols sont descendus dans les rues de la capitale catalane, pour dire leur "rejet du terrorisme" après les attaques qui ont fait 15 morts et 126 blessés.

Huées et sifflets

Fait exceptionnel, le roi Felipe VI s'est joint au cortège, devenant le premier souverain espagnol à participer à une manifestation depuis le rétablissement de la monarchie en 1975. Le chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, était aussi président, ainsi que de très nombreuses personnalités politiques de tous les partis venues de Madrid et d'autres régions du pays.

A leur arrivée dans le cortège, les deux dirigeants espagnols ont essuyé quelques huées et sifflets, alors que de très nombreux manifestants s'étaient munis de drapeaux indépendantistes.

Alors que la manifestation se voulait une marche unitaire, marquant une trêve dans les tensions entre Madrid et Barcelone, plusieurs manifestants ont crié "Fora" (en français "dehors"), lorsqu'ils ont aperçu Felipe VI et Mariano Rajoy sur l'écran géant installé place de Catalogne, leur reprochant une récupération politique des attentats.

Drapeaux indépendantistes

Le président catalan, Carles Puigdemont, toujours résolu à organiser un référendum d'autodétermination le 1er octobre malgré l'opposition catégorique de Madrid, était également présent à la manifestation, et marchait non loin de Mariano Rajoy.

Ce dernier souvent accusé d'avoir jeté de l'huile sur le feu des dissensions avec la Catalogne, avait parlé "d'amour" pour les Catalans et pour Barcelone vendredi. Il avait aussi fait l'éloge de la police catalane, "la cellule terroriste ayant été complètement désarticulée cent heures à peine après l'attentat".

Un millier de catalans munis de drapeaux indépendantistes ont également manifesté une heure avant à Barcelone, en reprochant à l'Etat espagnol de vendre des armes à des pays comme l'Arabie Saoudite, accusés de liens avec l'islamisme radicale. "Vos politiques, nos morts", criaient-ils, en dénonçant le fait que Madrid espère vendre prochainement cinq navires de guerre à Riyad.

A.S.