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Gouvernement colombien et Farc autour de la table pour négocier une paix

Le drapeau colombien ornant la porte d'un particulier

Le drapeau colombien ornant la porte d'un particulier - -

Après 48 ans de tensions, la Colombie entrevoit un début de paix. Le gouvernement colombien et les Farc lancent jeudi en Norvège des pourparlers pour mettre fin au plus vieux conflit d'Amérique latine.

La Colombie a rendez-vous avec son histoire, jeudi. Pour la première fois depuis dix ans, le gouvernement colombien et la rébellion marxiste des Farc vont se réunir autour de la table des négociations pour mettre fin au plus vieux conflit d'Amérique latine.

Objectif : réussir là où les trois précédentes tentatives de paix ont échoué. Les deux délégations, arrivées mercredi à Oslo, doivent tenir une conférence de presse à 15h dans un hôtel de Hurdal, une petite localité au nord d'Oslo, pour lancer officiellement le processus de paix.

"Optimisme modéré"

La Norvège et Cuba, où les négociations devraient par la suite se déplacer, sont les deux pays garants du processus de paix dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

Par souci d'efficacité et de sécurité, les pourparlers sont entourés d'une extrême discrétion. Toutefois, rien n'est acquis. Si les Forces armées révolutionnaires (Farc), créées en 1964 lors d'une insurrection paysanne, sont aujourd'hui militairement affaiblies après la mort de plusieurs dirigeants, le processus de paix n'est pas garanti.

Preuve de la prudence ambiante au sujet de ces pourparlers, ces mots du chef de la délégation du gouvernement, l'ancien vice-président Humberto De la Calle, qui a fait état d'un "optimisme modéré".

Les Farc, parti politique ?

L'étape norvégienne devrait être essentiellement technique et symbolique. C'est à La Havane que les deux camps devraient entrer dans le vif du sujet.

Depuis son élection en 2010, le président colombien Juan Manuel Santos a préparé le terrain d'un accord, avec une loi de restitution des terres spoliées, point crucial pour la guérilla.

Outre la question des terres, les négociations vont notamment aborder l'implication des groupes armés dans le trafic de drogue, dossier explosif pour le premier pays producteur de cocaïne au monde.

Les autorités devront en outre régler la question controversée du droit à la représentation politique et la possibilité de réductions de peine pour les guérilleros repentis.

Contrairement à la précédente tentative de dialogue qui avait avorté en 2002, le président Santos a rejeté l'éventualité d'un cessez-le-feu avant qu'un accord de paix soit trouvé.

Illustration : "Colombian patriotism" de adrimcm / Flickr licence CC