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Chili: la socialiste Michelle Bachelet réélue présidente

Michelle Bachelet est reconduite à la tête du Chili, qu'elle préside depuis 2006.

Michelle Bachelet est reconduite à la tête du Chili, qu'elle préside depuis 2006. - -

La socialiste Michelle Bachelet a largement remporté dimanche l’élection présidentielle au Chili et devra désormais relever le défi de mettre en œuvre les profondes réformes qu’elle a promises.

Après un premier mandat de 2006 à 2010, Michelle Bachelet a été élue avec plus de 60% des voix dimanche, selon les premiers résultats partiels, portant sur 56% des bureaux de vote. "C’est clair, elle a gagné. Nous la féliciterons. J’irai lui rentre visite personnellement", a d'ores et déjà déclaré son adversaire politique, la conservatrice Evelyn Matthei, sitôt rendue publique cette première tendance.

Grande favorite, Michelle Bachelet, 62 ans, médecin de formation et première femme élue à la tête d’un pays sud-américain en 2006, a confirmé les pronostics qui lui promettaient une victoire confortable. A la fermeture dimanche, les bureaux de vote étaient quasiment déserts depuis de longues heures, alors que la température à Santiago a grimpé jusqu’à 32°C et que les achats de Noël battaient leur plein.

La fin du vote obligatoire

Pour César Gonzalez, président du bureau de vote dans une école du centre de la capitale, "le fait que pour tout le monde l’élection est jouée d’avance peut expliquer le manque d’affluence". "Aujourd’hui, je n’ai pas voté puisque j’ai déjà voté au premier tour. Pourquoi voter deux fois, si c’est Michelle qui gagne?", s’interrogeait Gustavo Huerta, 60 ans, les bras chargés de cadeaux.

Plus de 13 millions d’électeurs - sur une population de quelque 16,5 millions d’habitants - ont été appelés aux urnes. "Pour le Chili, il s’agit de la première élection présidentielle avec le vote volontaire", avait rappelé au cours de la journée Michelle Bachelet. L’abolition du vote obligatoire date en effet de 2011. Aux municipales d’octobre 2012, l’abstention avait atteint 60%. Cette fois-ci, elle a dépassé les 50% au premier tour.

Deux destins différents

Evelyn Matthei, 60 ans, ex-ministre du Travail du sortant Sebastian Piñera (centre-droit), investie tardivement après une cascade de retraits de leaders conservateurs, avait reconnu que cette élection était le combat de "David contre Goliath", soulignant qu’une victoire face à la candidate socialiste relèverait du "miracle".

Les deux femmes qui s’affrontaient dans un duel électoral sans précédent en Amérique latine ont la particularité de partager un passé commun. Filles de généraux de l’armée de l’air qui étaient des amis proches, elles ont partagé les jeux de l’enfance. Mais le coup d’Etat qui a installé la dictature d’Augusto Pinochet en 1973 changea leur vie. Alberto Bachelet fut torturé à mort pour sa fidélité à l’égard du président déchu Salvador Allende. De son côté, Fernando Matthei rejoignait la junte militaire.

Au cours de la campagne électorale, la présidente sortante a promis de mettre en marche dans les 100 jours après son élection un ambitieux programme. Il est notamment fondé sur une révision de la Constitution de 1980 héritée de la dictature, une réforme fiscale envisageant une augmentation de l’impôt des sociétés de l’ordre de huit milliards de dollars (3% du PIB), destinée notamment à une refondation du système éducatif pour instaurer une éducation publique de qualité, et l’amélioration du système de santé et des services publics.

A. G. avec AFP