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Brésil : la justice autorise la libération de l'ancien président Lula, incarcéré depuis 2018 pour corruption

L'ancien président brésilien était emprisonné depuis avril 2018 pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics. Ce vendredi, la justice brésilienne a autorisé sa libération.

L'ancien président brésilien Lula, condamné en avril 2018 à 8 ans et 10 mois de réclusion pour corruption, est sorti de prison. Un juge a autorisé ce vendredi sa libération après un arrêt rendu la veille par la Cour suprême.

À sa sortie de prison, Luiz Inacio Lula da Silva a été accueilli par une véritable marée rouge de militants de gauche à sa sortie de prison, après plus d'un an et demi d'incarcération. Portant une veste sombre, Luiz Inacio Lula da Silva, 74 ans, est sorti à pied, souriant aux côtés de sa compagne, la sociologue Rosangela da Silva, embrassant chaleureusement des sympathisants et saluant la foule d'un poing levé.

Poing levé à travers la foule

Combatif, il a rapidement harangué la foule. Des milliers de militants l'ont accueilli, certains en larmes, devant le siège de la Police fédérale de Curitiba, où il purgeait une peine de huit ans et dix mois de prison pour corruption. Il a été libéré au lendemain d'un arrêt de la Cour suprême.

"Je veux continuer à lutter pour améliorer la vie du peuple brésilien", a-t-il dit, attaquant d'emblée le gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro.
"Le peuple a de plus en plus faim, il est au chômage, le peuple travaille pour Uber ou livre des pizzas", a lancé Lula, qui avait pu, au cours de ses deux mandats (2003-2010) extraire près de 30 millions de Brésiliens de la pauvreté dans une période de forte croissance économique

L'icône de gauche purgeait une peine de douze ans et un mois de prison pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics.

Comme lui, de nombreux détenus condamnés dans le cadre de l'opération anticorruption "Lavage Express", une enquête tentaculaire qui a fait trembler l'ensemble de la classe politique, pourraient prochainement recouvrer la liberté.

L'espoir de la gauche au Brésil

Adulé par une partie des Brésiliens fascinés par cet ex-ouvrier arrivé au sommet de l'Etat pour sortir des millions de personnes de la misère grâce à d'ambitieux programmes sociaux, Lula est aussi détesté par une partie de la population pour qui il incarne la corruption à grande échelle qui mine le Brésil.

Le président élu argentin, le péroniste de centre gauche Alberto Fernandez, a salué sa sortie de prison, soulignant son "courage" et son "intégrité" et dénonçant le "processus judiciaire arbitraire auquel il a été soumis". Le peuple vénézuélien est heureux et salue la libération du frère Lula", s'est quant à lui exclamé le président du Venezuela Nicolas Maduro. Cuba s'est aussi félicité de sa libération après "580 jours de détention injuste".

En France, l'ancien président François Hollande a estimé que "la place de Lula n'était pas en prison". "La liberté lui a été rendue, je sais qu'il la mettra au service du Brésil", a tweeté l'ancien chef de l'État.

"Lula libre. La victoire quand on tient bon et qu'on refuse de se laisser impressionner", a également réagi dans un tweet Jean-Luc Mélenchon, chef de la France insoumise.

Jeanne Bulant avec AFP