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Argentine: 3 hommes jugés pour le viol et le meurtre de deux Françaises

Photographie représentant Cassandre Bouvier, l'une des deux victimes, qui était enseignant-chercheur à l'Institut des hautes études sur l'Amérique latine, à Paris.

Photographie représentant Cassandre Bouvier, l'une des deux victimes, qui était enseignant-chercheur à l'Institut des hautes études sur l'Amérique latine, à Paris. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Les corps de Cassandre Bouvier et de Houria Moumni, deux jeunes Françaises qui passaient leurs vacances en Argentine, avaient été retrouvés dans le parc naturel de la Quebrada de San Lorenzo, en juillet 2011.

Elles s'étaient rendues à Buenos Aires pour un colloque de sociologie, mais avaient profité de leur séjour argentin pour se rendre à la Quebrada de San Lorenzo, une réserve naturelle prisée des marcheurs, dans le nord-ouest du pays. C'est là que Cassandre Bouvier et Houria Moumni, deux jeunes Françaises d'une trentaine d'années, ont été retrouvées tuées par balle en juillet 2011, après avoir été battues puis violées. Le procès de leurs meurtriers présumés, trois Argentins d'origine modeste, s'ouvre ce mardi à Salta.

Cassandre Bouvier et Houria Moumni avaient acheté leurs billets pour le parc de la Quebrada le 15 juillet 2011 aux alentours de 16h30 à Salta, la ville la plus proche. C'est là qu'elles ont été vues pour la dernière fois. Leurs corps ont été retrouvés à 15 km de là, dans cette forêt dense où l'on n'entend que le chant d'une rivière et des oiseaux. Là où, désormais, une stèle est érigée à leur mémoire.

Un affront à l'hospitalité locale

Selon le juge d'instruction, le double meurtre a eu lieu non loin du "mirador" du parc naturel, peu après l'entrée des jeunes femmes en fin de journée. Il estime que les deux Françaises ont perdu la vie à l'issue d'une violente agression - l'autopsie a révélé qu'elles avaient été battues et violées - avant 19h50, heure à laquelle l'un des trois accusés, Gustavo Lasi, a introduit sa carte SIM dans le téléphone de Houria Moumni.

Pour les habitants de Salta, ce meurtre est un affront, une atteinte à leur tradition d'hospitalité avec les nombreux touristes qui visitent chaque année la région. Pourtant, beaucoup doutent de la culpabilité des trois hommes dans le box. Certains estiment que le mode opératoire "n'est pas celui des pauvres bougres du coin", selon les mots d'un jeune homme du coin, âgé d'une trentaine d'années. La thèse d'un meurtre commandité par des notables, et qui ramènerait les accusés au rang de simples exécutants, continue également d'alimenter les conversations.

Un guide, un maçon et un jardinier

Qui sont ces trois hommes? Gustavo Lasi, 27 ans, avait occasionnellement travaillé comme guide dans le parc. C'est son père, mis hors de cause, qui était chargé de la dernière ronde avant la fermeture. Pour cet homme, le dossier d'accusation est pourtant accablant: son ADN a été retrouvé sur les deux cadavres.

Les preuves contre les deux autres accusés sont plus minces. Santos Vera travaillait comme jardinier à 500 mètres du parc dans un "country", un quartier privé. Daniel Vilte, 28 ans, était maçon. Son oncle et sa grand-mère vivent à 1 km de la Quebrada, dans une maisonnette au toit de tôle ondulée.

Nicolas Durrieu, l'avocat des familles Bouvier et Moumni, espère que l'un d'entre eux craquera et révèlera la réalité des faits avant la fin du procès, prévue le 16 mai.

M. T. avec AFP et vidéo Caroline Boisson