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Alan Kurdi, l'enfant syrien échoué sur la plage, est mort il y a un an

Alan Kurdi, 3 ans, retrouvé mort sur une plage de Bodrum, au sud de la Turquie, le 2 septembre 2015.

Alan Kurdi, 3 ans, retrouvé mort sur une plage de Bodrum, au sud de la Turquie, le 2 septembre 2015. - STR - Dogan news agency - AFP

La photo avait fait le tour du monde il y a maintenant un an: le corps sans vie d'Alan Kurdi, un enfant syrien de trois ans, échoué sur une plage de Turquie. Ce cliché avait suscité de nombreuses réactions dans l'opinion publique et dans la classe politique.

La photo avait suscité une vague d'indignation dans le monde entier. En une des principaux journaux, le corps du petit Alan Kurdi, un enfant syrien de 3 ans, mort par noyade et échoué sur une plage de Bodrum, en Turquie.

D'abord un cliché où l'enfant est allongé dans l'écume, tee-shirt rouge et short bleu, face contre le sol, rejeté par les flots. Puis un deuxième où le corps du garçon est soulevé et emmené par un agent de police turc. 

Le monde entier est ému. Dans le débat public, les "migrants" deviennent des "réfugiés". En France, l'opinion change et 53% des Français se déclarent alors favorables à l'accueil des réfugiés. 

"Si ces images extraordinairement fortes d'un enfant syrien rejeté sur une plage ne modifient par l'attitude de l'Europe vis-à-vis des réfugiés, qu'est-ce qui le fera ?", interroge The Independent, qui en a fait sa Une.

Alan, un an plus tard

La classe politique se met alors en branle-bas de combat. L'Allemagne accepte d'accueillir les milliers de réfugiés qui se pressent à la frontière hongroise. Quant au Royaume-Uni, le pays promet d'accueillir 4.000 réfugiés par an jusqu'en 2020. L'Union Européenne, elle, s'engage a reloger 120.000 migrants présents en Grèce ou en Italie dans d'autres pays européens. 

Des promesses restées vaines selon Salil Shetti, secrétaire général d'Amnesty International:

"Comme si les images montrant le corps sans vie d'Alan, qui ont déshonoré le monde, n'étaient pas suffisantes, un an après, les dirigeants mondiaux refusent toujours d'agir" déclare-t-il dans un communiqué. 

Depuis le début de l'année, Oxfam estime qu'un réfugié meurt toutes les 80 minutes. 

Pour l'anniversaire de la mort de son fils, Abdullah Kurdi s'est exprimé sur la BBC

"Au début, le monde était inquiet d'aider les réfugiés. Mais cela n'a même pas duré un mois. En fait, la situation s'est empirée. La guerre s'est enlisée et de plus en plus de personnes décident de quitter leur pays. J'espère que les dirigeants du monde entier vont essayer et réussir à stopper les guerres, afin que les victimes reviennent à leur vie normale" a déclaré l'homme. 

Omrane, victime de la guerre en Syrie

En juillet 2016, une nouvelle photo fait le tour du monde et suscite l'émotion. C'est celle d'Omrane, victime de la guerre en Syrie, photographié l'air hagard dans une ambulance, 

Omrane, un enfant syrien de quatre ans, a été photographié alors qu'il venait d'être sorti des décombres de sa maison, bombardée à Alep, le 17 août. Son portrait a fait le tour du monde.
Omrane, un enfant syrien de quatre ans, a été photographié alors qu'il venait d'être sorti des décombres de sa maison, bombardée à Alep, le 17 août. Son portrait a fait le tour du monde. © Mahmoud Rslan - AFP

Une photo qui est en fait une capture d'écran d'une vidéo d'1'30 qui montre un jeune garçon au visage ensanglanté et choqué au milieu du chaos. Il est tout juste rescapé d'un bâtiment sur le point de s'effondrer, à Alep en Syrie. 

La vidéo a été partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux. 

Marine Henriot