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Tunisie: un député radical justifie la mort de Samuel Paty, une enquête ouverte

Rached Khiari devant l'Assemblée tunisienne, à Tunis, le 8 décembre 2019.

Rached Khiari devant l'Assemblée tunisienne, à Tunis, le 8 décembre 2019. - FETHI BELAID / AFP

Le parquet antiterroriste tunisien a ouvert une enquête après la publication par le député radical Rached Khiari d'un message justifiant la décapitation de l'enseignant dans les Yvelines vendredi.

Rached Khiari, un député tunisien, a posté un message sur Facebook justifiant la mort de Samuel Paty, l'enseignant sauvagement assassiné vendredi à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, a rapporté samedi Le Courrier de l'Atlas. D'après l'agence de presse TAP, le parquet antiterroriste tunisien a depuis ouvert une enquête.

"Assumer les conséquences"

Samedi matin, alors que la France se réveillait sous le choc de la décapitation de l'un de ses professeurs dans un "attentat islamiste caractérisé" selon les mots d'Emmanuel Macron, l'élu tunisien Rached Khiari a publié un message sur sa page Facebook, affirmant:

"Porter atteinte au Prophète de Dieu est l’un des plus grands péchés qui soient. Tout homme qui se rend coupable de cela doit en assumer les conséquences et les résultats, qu’il soit un Etat, un individu ou un groupe d’individus."

La publication a rapidement fait réagir, certains soutenant ses propos, d'autres dénonçant une apologie d'un acte terroriste. En France également, plusieurs personnalités politiques, dont la députée européenne Nathalie Loiseau, ont fait part de leur consternation:

"Voilà à quoi ressemble le complice d’un assassin. Ne rien laisser passer", a-t-elle déclaré sur Twitter.

Animation d'un site islamiste

Toujours selon le Courrier de l'Atlas, ce député n'en est pas à son premier coup de la sorte. Il aurait été à plusieurs reprises poursuivis pour diffamation et tenait jusqu'en 2019 le site d'information islamiste "Al Sada".

En fin d'après-midi samedi, le porte-parole du tribunal de première instance de Tunis a annoncé à l'agence TAP que le parquet antiterroriste tunisien avait ouvert une enquête à propos de sa publication.

Esther Paolini Journaliste BFMTV