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Tunis: les affrontements font un mort parmi les manifestants

Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, à Tunis, le 8 février dernier.

Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, à Tunis, le 8 février dernier. - -

Un jeune homme est mort de ses blessures en banlieue de Tunis, lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et des militants salafistes. Treize personnes ont également été blessées.

Des affrontements ont éclaté dimanche à la Cité Ettadhamen en banlieue ouest de Tunis et à Kairouan, entre salafistes et policiers. Ils ont fait un mort, décédé de ses blessures par balles, et 13 blessés dans capitale, 11 policiers et 2 manifestants selon un premier bilan du ministère de l'Intérieur. La surveillante générale de l'hôpital Mongi Slim de la Marsa, Mounira Ben Ghazi, a identifié le défunt comme Moez Dahmani, né en 1986.

Des centaines de salafistes, qui ont érigé des barricades à l'aide de pneus en feu dans les rues de ce quartier, jetaient des pierres sur les policiers qui répondaient par des tirs de gaz lacrymogènes. Des blindés de la garde nationale sont arrivés en renfort ainsi que des camions de l'armée tunisienne pour tenter de disperser les militants salafistes.

Ces heurts ont éclaté après que le gouvernement a décidé dimanche d'interdire le rassemblement annuel du mouvement jihadiste Ansar Ashariaa à Kairouan, à 150 km au sud de Tunis, le qualifiant de "menace pour la sécurité" du pays. Après avoir, dans un premier temps renoncé, devant un important déploiement policier, a se rassembler à Kairouan, les salafistes avaient appelé à un rasemblement spontané dans la banlieue de Tunis.

Une déstabilisation systématique depuis 2011

La Tunisie a vu depuis la révolution de 2011 se multiplier les violences orchestrées par la mouvance salafiste. Le pays est aussi déstabilisé par une profonde crise politique et le développement des conflits sociaux face à la misère.

Le parti islamiste au pouvoir Ennahda a longtemps été accusé de laxisme pour avoir toléré les groupuscules salafistes jihadistes. Il a cependant considérablement durci sa position après que seize militaires et gendarmes ont été blessés fin avril-début mai par des mines posées par des groupes armés liés à Al-Qaïda traqués à la frontière avec l'Algérie.


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