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Tunisie: vers un face-à-face entre policiers et salafistes?

A Kairouan, la police et l'armée contrôlent les véhicules dont les occupants portent la barbe, avant le rassemblement d'Ansar Ashariaa, interdit par le gouvernement.

A Kairouan, la police et l'armée contrôlent les véhicules dont les occupants portent la barbe, avant le rassemblement d'Ansar Ashariaa, interdit par le gouvernement. - -

Devant l'important dispositif policier, le mouvement Ansar Ashariaa, qui voulait tenir son rassemblement annuel malgré l'interdiction, appelle ses partisans à ne pas s'y rendre. Mais la tension reste palpable.

La Tunisie est sur le qui-vive. Le gouvernement a décidé d'interdire le rassemblement annuel du mouvement jihadiste Ansar Ashariaa, le qualifiant de "menace pour la sécurité" du pays.

Devant le déploiement sécuritaire, le mouvement, qui avait décidé de maintenir son rassemblement, incite finalement samedi matin sur son site Internet ses partisans à renoncer à se rendre à Kairouan. Mais il appelle à un rassemblement dans la banlieue de Tunis.

Les entrées de la ville de Kairouan, à 150 km au sud de Tunis, où doit se dérouler la réunion, ont été bouclées par la police et l'armée tunisiennes, pour empêcher les militants de participer au congrès.

Des barrages ont été installés sur toutes les routes entrant dans la ville de Kairouan. Les policiers semblaient fouiller en particulier les véhicules dont les passagers sont des hommes portant la barbe, attribut des salafistes. Le porte-parole du mouvement, Seiffedine Raïs, a été "interpellé à l'aube alors qu'il faisait un footing devant les policiers", selon une source policière, qui a qualifié ce comportement de "provocation".

Des militants salafistes interpellés

Les forces de sécurité étaient déployées en nombre dans Kairouan, mais aussi ailleurs dans le pays, comme à Tunis où les patrouilles se sont multipliées depuis vendredi soir notamment dans les quartiers considérés comme des bastions d'Ansar Ashariaa.

Ansar Ashariaa, qui a menacé le gouvernement de "guerre" la semaine dernière et est jugé responsable de l'attaque de l'ambassade américaine en septembre, a répété samedi maintenir son congrès. "Le rassemblement aura lieu", avait déclaré Sami Essid, un responsable du mouvement, qui revendique 40.000 militants.

La page Facebook de l'organisation appelle néanmoins ses partisans "à la retenue" et à "ne pas céder aux provocations" de la police. D'autres sites proches de ce groupe publiaient de leur côté des cartes montrant des itinéraires à emprunter pour contourner les barrages des forces tunisiennes.

Les ambassades occidentales ont dans ce contexte demandé à leurs ressortissants de ne pas se rendre à Kairouan ce week-end.