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Nouvelle loi anti-homosexualité: "un triste jour pour l'Ouganda"

Des membres de la communauté homosexuelle ougandaise transportent une image de l'activiste gay David Kato, durant ses funérailles près de Mataba, en 2011.

Des membres de la communauté homosexuelle ougandaise transportent une image de l'activiste gay David Kato, durant ses funérailles près de Mataba, en 2011. - -

Le président avait d'abord refusé de signer la loi durcissant la répression de l'homosexualité, avant de changer d'avis.

Les relations homosexuelles sont déjà passibles de la prison à vie en Ouganda. Mais la nouvelle législation, adoptée mi-décembre par le Parlement, interdit notamment toute "promotion" de l'homosexualité et rend obligatoire la dénonciation de quiconque l'étant.

Le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué lundi cette loi qui durcit la répression de l'homosexualité et qu'il avait un temps renoncé à signer. Une décision qui a provoqué des réactions très négatives à travers le monde.

Les dispositions les plus controversées, prévoyant la peine de mort en cas de récidive ou de rapport avec un mineur ou en se sachant porteur du virus du sida ont été abandonnées, mais la loi reste très critiquée par les défenseurs des droits de l'Homme et les gouvernements occidentaux.

Un "triste jour" pour l'Ouganda

"Personne ne devrait subir des discriminations, ou être puni pour qui on est ou qui on aime", a réagi la conseillère de sécurité nationale de Barack Obama, Susan Rice, sur son compte Twitter. La promulgation de cette législation "un triste jour pour l'Ouganda et le monde", a conclu Susan Rice, qui avait contacté le dirigeant ougandais il y a une dizaine de jours pour le dissuader de donner son feu vert.

En Europe, les Pays-Bas ont décidé de geler une aide financière de sept millions d'euros destinée à renforcer le système judiciaire de l'Ouganda. "Il est clair que si le système judiciaire doit appliquer ce genre de loi, nous ne souhaitons pas collaborer", a déclaré Liliane Ploumen, la ministre du Commerce international et de l'Aide au développement. En Belgique, le Premier ministre Elio Di Rupo a également réagi. Il s'est dit "choqué" et a déclaré que la Belgique "condamne fermement" cette loi.

Pas de "pressions étrangères"

Selon son porte-parole, le président ougandais ne se "laissera pas influencer par les pressions étrangères", allusion aux sévères critiques de Washington qui avait averti que l'entrée en vigueur de cette loi "compliquerait (ses) relations" avec Kampala, dont il est un allié-clé.

Le président ougandais, au pouvoir depuis 1986, avait initialement indiqué qu'il ne promulguerait pas la loi antihomosexualité car il est "mal de punir une personne parce qu'elle est anormale". Il avait ensuite annoncé avoir changé d'avis après consultation d'un groupe de scientifiques selon lesquels, a-t-il dit, l'homosexualité était "comportementale, pas génétique".

Les homosexuels sont l'objet de persécutions et de violences pouvant aller jusqu'au meurtre en Ouganda, pays où l'homophobie est largement propagée par les très influentes Eglises évangéliques.

A. G. avec AFP