BFMTV

Crash d'Air Algérie: la France met ses drapeaux en berne

Les administrations françaises ont mis leurs drapeaux en berne, lundi 28 juillet 2014, en mémoire des victimes du vol Air Algérie.

Les administrations françaises ont mis leurs drapeaux en berne, lundi 28 juillet 2014, en mémoire des victimes du vol Air Algérie. - -

Alors que le Bureau d'enquêtes et analyses (BEA) travaille actuellement sur le lieu du crash du vol Air Algérie, qui a fait 118 morts, les boîtes noires de l'avion vont être remises aux autorités françaises.

Si l'espoir de récupérer les corps des 118 victimes du crash d'un avion d'Air Algérie dans le nord du Mali s'annonce infime, les experts ont poursuivi dimanche leur travail d'enquête dans une zone d'accès difficile.

En France, le président François Hollande a promis aux familles des victimes françaises reçues la veille au Quai d'Orsay de ramener tous les corps en France. En signe de deuil national, les drapeaux des bâtiments publics seront en berne de lundi à mercredi. Le drapeau de l'Elysée a ainsi été baissé lundi matin, comme le montre cette vidéo postée sur le Vine du palais présidentiel:

Les boîtes noires attendues lundi matin en France

Les boîtes noires de l'avion ont été transférées dimanche de Gao à Bamako, d'où elles seront expédiées en France, a annoncé le ministre malien de la Communication.

Selon le ministre Mahamadou Camara, ces boîtes enregistreuses, qui avaient été acheminées à Gao depuis le site de l'accident dans la zone de Gossi, ont été emmenées à Bamako par une délégation conduite sur place par les ministres malien et algérien des Transports. "Elles vont être remises aux autorités françaises" associées à l'enquête par un responsable de la gendarmerie malienne qui "voyage ce (dimanche) soir pour la France", a-t-il dit.

Les boîtes noires sont en fait de couleur orange, comme le montre cette photo prise par notre envoyé spécial à Bamako.

Une des boîtes noires du vol #AH5017 à #Bamako - les 2 boîtes partent pour #Paris ce soir. Images sur @BFMTV ds 5mn pic.twitter.com/cm7HUCz1k0
— Guillaume Bernhard (@gbernhard1) 27 Juillet 2014

"Trop tôt pour faire la moindre hypothèse"

Pour le moment, il est prématuré d'établir une hypothèse sur cette catastrophe, a jugé Rémi Jouty, directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), dont deux enquêteurs sont actuellement sur le site du crash. "A ce stade, je n'ai aucun retour sur les constatations et il est donc trop tôt pour faire la moindre hypothèse", a-t-il déclaré, mais"toutes les pistes restent envisagées.

Sur place, le travail technique des experts "consiste à recueillir le maximum d'informations" sur l'avion et l'accident, ce qui devrait prendre "quelques jours", selon Rémi Jouty.

Ensuite, les enquêteurs se concentreront sur "l'exploitation des enregistreurs et la collecte d'autres données, de contrôle aérien, les données météo" notamment, a-t-il indiqué.

"L'examen de l'épave consistera aussi à regarder s'il y a ou pas des indices de destruction par explosif. (...) Cela fait partie des choses que les enquêteurs sur place vont regarder, évidemment", a ajouté Rémi Jouty.

Une enquête ouverte pour homicides involontaires

En plus d'être en quête de la vérité sur le crash, les familles espèrent récupérer des corps ou restes de corps des leurs pour "pouvoir commencer à faire le deuil".

Le chef d'état-major particulier du président burkinabè, le général Gilbert Diendiéré, a affirmé que la récupération des dépouilles mortelles serait extrêmement difficile, voire quasiment impossible, l'avion s'étant désintégré en s'écrasant, avec des débris éparpillés sur une grande étendue.

"Je ne pense pas qu'on puisse reconstituer les corps (...), ils ont été éparpillés, dispersés. Je ne suis pas sûr qu'on puisse (en) retrouver certains", a-t-il prévenu. Selon lui, certaines familles ont souhaité "au moins (...) avoir les cendres" de leurs proches.

Dimanche soir, le ministre malien de la Solidarité et de l'Action humanitaire a annoncé qu'une enquête judiciaire avait été ouverte pour homicides involontaires.

Jé. M. et M.G. avec AFP