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Kenya: un inculpé de crimes contre l'humanité élu président

Des partisans d'Uhuru Kenyatta surveillés par l'armée devant le bâtiment où il a donné son discours de victoire, samedi à Nairobi.

Des partisans d'Uhuru Kenyatta surveillés par l'armée devant le bâtiment où il a donné son discours de victoire, samedi à Nairobi. - -

Uhuru Kenyatta a été élu samedi élu président du Kenya dès le premier tour. Mais il devra aussi se présenter devant la CPI pour crimes contre l'humanité le 9 juillet prochain, alors que son rival conteste le résultat de l'élection.

Uhuru Kenyatta, inculpé de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI), a été proclamé samedi élu président du Kenya dès le premier tour. Une victoire aussitôt contestée en justice par son rival, le Premier ministre sortant Raila Odinga.

Celui-ci a néanmoins appelé ses partisans au calme pour éviter une répétition des affrontements sans précédent qui ont suivi sa précédente défaite en décembre 2007. "La violence maintenant pourrait détruire ce pays pour toujours", a-t-il prévenu.

Aucun trouble particulier n'avait marqué samedi en fin d'après-midi l'annonce de la victoire d'Uhuru Kenyatta, alors que la police était déployée en force dans plusieurs bidonvilles de Nairobi où les partisans de Raila Odinga sont présents en nombre. De leur côté, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont aussitôt appelé les Kenyans au "calme" et à la "retenue".

Fils du premier président du Kenya

Fils de Jomo Kenyatta, premier président du Kenya (1964-1978), Uhuru Kenyatta, 51 ans, a franchi d'environ 8.400 voix la barre des 50% des votants requise pour l'emporter dès le premier tour du scrutin de lundi, marqué par une participation record de 85,9%.

Accusé de crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans l'organisation des violences consécutives au scrutin de fin 2007, il est le premier inculpé de la CPI à devenir chef de l'Etat. Son procès doit s'ouvrir le 9 juillet et pourrait durer au moins deux ans.

"Irrégularités massives"

Crédité de quelque 800.000 voix de moins que son adversaire (43,31% des votants), Raila Odinga a dénoncé "des irrégularités massives" autour du scrutin. Mais celui qui, à 68 ans, a enregistré sa troisième et probable ultime défaite présidentielle, a assuré "faire confiance" à la Cour suprême pour annuler l'élection.

Fin 2007, sa défaite avait plongé le pays dans plusieurs semaines de violences avec plus de 1.000 morts et plus de 600.000 déplacés. Le président sortant Mwai Kibaki (qui, à 81 ans, ne se représentait pas cette année) avait été proclamé vainqueur à l'issue d'un dépouillement entaché de soupçons.

Uhuru Kenyatta était alors un soutien clé de Mwai Kibaki, issu comme lui de la communauté kikuyu, la plus importante numériquement (17% des 41 millions d'habitants).

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