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Egypte: les violences continuent, l'UE se réunit

Des partisans du président déchu Mohamed Morsi, vendredi 16 août, au Caire.

Des partisans du président déchu Mohamed Morsi, vendredi 16 août, au Caire. - -

Les représentants des 28 Etats membres de l'Union européenne doivent se réunir ce lundi, à Bruxelles, pour examiner la situation en Egypte.

Alors que l'Egypte se prépare à une nouvelle semaine de violences, Bruxelles monte au créneau. Les représentants des 28 Etats membres de l'Union européenne devraient se réunir ce lundi, dans la capitale belge, pour se pencher sur la crise égyptienne, alors que près de 800 personnes sont mortes en Egypte en cinq jours.

Le pouvoir égyptien ignore les demandes de l'Occident

Le général Abdel Fattah al-Sissi, le chef de l'armée, qui s'exprimait pour la première fois dimanche depuis le carnage de mercredi (600 morts) devant des centaines d'officiers de l'armée et de la police, a promis aux islamistes qui ont choisi la violence une riposte "des plus énergiques", sans considération apparente pour le tollé déclenché dans les pays occidentaux dont certains parlent de "massacres".

Lundi à Bruxelles, en prélude à une possible réunion des ministres des Affaires étrangères, se tiendra une première rencontre diplomatique de haut niveau pour examiner la situation en Egypte.

Menaces de l'UE

Dimanche déjà, les dirigeants de l'UE, Herman Van Rompuy et Jose Manuel Barroso, ont averti le gouvernement égyptien que l'UE était prête à "réexaminer" ses relations avec l'Egypte s'il n'était pas mis fin aux violences. Ils estiment que la responsabilité d'un retour au calme incombe à l'armée et au gouvernement.

Au Caire, dans ce qui apparaît être un geste d'apaisement, le gouvernement a interdit les "comités populaires", ces milices de jeunes armés prenant pour cible au Caire tous ceux dont ils pensent qu'ils sont des islamistes -hommes portant la barbe ou femmes intégralement voilées- ainsi que les journalistes étrangers qu'ils accusent de défendre le camp du président Mohamed Morsi, déposé par l'armée.

36 prisonniers tués dimanche soir

La police égyptienne a aussi annoncé le décès dimanche de 36 détenus islamistes, tous Frères musulmans, asphyxiés par du gaz lacrymogène pendant une tentative d'évasion, selon la police égyptienne. Les Frères musulmans ont pour leur part révisé à 35 le nombre de prisonniers tués, alors que l'Alliance contre le coup d'Etat, qui organise les manifestations, avait auparavant dénoncé un "assassinat" et parlé de 52 détenus tués.

La mobilisation des pro-Morsi a semblé marquer le pas dimanche, les manifestants redoutant sans doute davantage de morts dans leurs rangs décimés depuis cinq jours. Ils avaient annoncé neuf manifestations au Caire, mais les ont quasiment toutes annulées "pour des raisons de sécurité" dans la soirée.

Plus d'un millier de manifestants et cadres des Frères musulmans ont été arrêtés en cinq jours, selon le gouvernement. Le pays est toujours sous état d'urgence et couvre-feu. Les pro-Morsi avaient appelé samedi à une semaine de manifestations, mais ils ne sont pas parvenus à mobiliser depuis, seuls quelques groupes de manifestants ayant bravé le couvre-feu.

"L'usage excessif de la force" dénoncé

Alors que les télévisions égyptiennes affichent désormais en permanence le logo "l'Egypte combat le terrorisme", en anglais à destination de la communauté internationale, et que la presse, unanime, dénonce un "complot terroriste" des Frères musulmans, le gouvernement continue d'assurer que les membres de la confrérie pourront participer au processus de transition prévoyant des élections début 2014, à l'exclusion de ceux qui ont "du sang sur les mains".

Londres et l'ONU ont dénoncé un "usage excessif de la force". Des sénateurs américains, dont l'influent républicain John McCain, ont demandé que les Etats-Unis suspendent la substantielle assistance militaire -1,3 milliard de dollars par an- à l'Egypte après le "massacre".

En revanche, l'Autorité palestinienne, la Jordanie, l'Irak et surtout Ryad ont affirmé soutenir le pouvoir égyptien. Le Qatar, principal soutien des Frères musulmans, a dit aider l'Egypte et non la confrérie, affirmant vouloir corriger des "conceptions erronées".